Impact de la crise sanitaire sur les aidants familiaux : introuvable soutien de l’Etat

A l’occasion de la journée nationale des aidants, les associations membres du Collectif inter-associatif des aidants familiaux (CIAAF) publient une étude sur l’impact de la crise sanitaire sur la vie de ces personnes dévouées à leurs proches, en collaboration avec l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires). Résultat : six mois après la fin du premier confinement, le soutien de l’Etat fait défaut. Le CIAAF hausse le ton.

Les aidants familiaux ont subi de plein fouet la fermeture des établissements, la réduction des services d’aide à domicile, et l’impossibilité pour leur famille de venir les aider. Ils ont alors dû s’adapter très rapidement pour accueillir leur proche à domicile, concilier télétravail et leur rôle d’aidant. L’enquête indique que 67 % des répondant à l’enquête étaient accompagnés avant le confinement, mais seuls 48 % l’ont été pendant. L’absence d’aide est ressentie par 79% du panel. De fait, moins de 10 % des prospects concernées ont pu bénéficier d’une modification du plan d’aide.

 

Pendant la période de confinement, les aidants ont été contraints de s’adapter à une intensification de l’ensemble des types d’aide (surveillance, soutien moral, réalisation d’actes intimes, stimulation par des activités…). Cela a conduit à une nette augmentation de leur épuisement physique (72,5 %) et moral (75,5 %). Le 1er besoin exprimé par les aidants reste la possibilité de pouvoir bénéficier de solutions de répit. Pourtant, 6 mois après la fin du premier confinement, 44 % des aidants n’ont bénéficié d’aucune aide alors qu’ils étaient plus de 81 % à déclarer en avoir besoin. Les freins au recours sont pour plus de la moitié d’entre eux la lourdeur administrative (51 %) et pour 44,5 % d’entre eux le coût financier.

 

Sur la base de ces constats et des besoins exprimés par les aidants, le CIAAF demande : primo, une prise en charge administrative des demandes de répit exprimées auprès des plateformes de répit en permettant à chaque aidant identifié par la plateforme répit de disposer d’un accompagnement individuel par un “case manager” déterminé. Secundo, une allocation d’un crédit d’heure attribué automatiquement chaque année pour financer toute formule de répit. Tertio, La mise en place d’un outil unique qui répertorie les différentes solutions de répit et qui informe de la disponibilité en temps réel.