Impôt sur le revenu : la CGT tire à boulets rouges sur le prélèvement à la source

La confédération de la porte de Montreuil ne mâche pas ses mots : « l’introduction de la retenue à la source pour 2018 est une nouvelle imposture gouvernementale », assène-t-elle, avant de préciser dans un communiqué, qu’« elle ne constitue en rien les prémisses de la réforme fiscale nécessaire afin de rendre l’impôt plus juste et efficace ». Sous prétexte de vouloir simplifier l’impôt sur le revenu pour les citoyens, le gouvernement crée les conditions de nouvelles inégalités et expose encore plus la vie privée des travailleurs à leurs employeurs considère la CGT. Elle précise : « la retenue à la source fournirait à l’employeur des éléments sur la vie privée des salariés (situation de famille, niveau de revenus du conjoint…). Autant d’éléments qui doivent absolument demeurer confidentiels ».

 

Pour l’organisation de Philippe Martinez, la retenue à la source ne changerait rien. Si l’administration fiscale peut avoir une connaissance automatique des salaires grâce au recoupement avec la déclaration de l’employeur, elle ne peut avoir connaissance des changements de situation de famille, des déductions fiscales dont pourrait bénéficier le contribuable (frais de garde d’enfant, travaux dans l’habitation, cotisation syndicale…). De plus, un certain nombre de revenus ne peuvent être connus de l’administration (par exemple les revenus locatifs). Les Français devront donc continuer à faire une déclaration annuelle. La CGT soutient aussi que le dispositif ne raccourcirait pas le décalage entre perception du revenu et paiement de celui-ci.

 


À l’instar de la CFE-CGC, la CGT ne trouve aucun avantage à l’année blanche  que fait miroiter Bercy. Mais les analyses ne sont pas les mêmes. « Dans une période où le gouvernement multiplie les cadeaux au patronat, sous forme d’exonérations diverses, ce serait encore moins d’argent pour l’éducation, la santé, la justice, la police… Et donc une très mauvaise nouvelle pour les salariés, les retraités, les privés d’emploi », estime-t-on dans les rangs cédétistes. « En revanche, cette décision serait de très bon augure pour ceux qui pourraient loger artificiellement certains revenus sur l’année d’exonération plutôt que sur l’année de taxation, développant les phénomènes d’optimisation fiscale agressive ».