Insertion des jeunes diplômés 2020 : six organisations professionnelles demandent l’aide de l’État

Après la crise sanitaire, il sera plus difficile d’insérer les quelque 70 000 jeunes sortant d’une formation initiale dans le marché de l’emploi. Un bon nombre d’entreprises font état de la diminution, voire du gel de leurs embauches pour 2020. Dans ce contexte, un groupe d’organisations professionnelles et d’organisations de jeunes, dont Syntec Conseil, la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs, la Conférence des présidents d’université, la Conférence des grandes écoles, la Fondation nationale pour l’enseignement de la gestion des entreprises et l’Association nationale des apprentis de France demandent au gouvernement d’aider les entreprises à « continuer d’employer la majeure partie des jeunes arrivant sur le marché du travail, évitant ainsi une explosion du taux de chômage des jeunes quittant cette année leur formation initiale ».

 

Le collectif fait observer que les jeunes ne sont pas égaux face à la situation. Elle anticipe « d’importantes inégalités entre ceux qui pourront s’appuyer temporairement sur leur famille, notamment pour le remboursement de prêts bancaires contractés pendant leurs études, et ceux qui ne le pourront pas, faute de moyens familiaux; entre ceux qui quitteront leur formation initiale avec un diplôme qualifiant et les autres qui se trouveront sur le marché de l’emploi sans diplôme ni qualification professionnelle reconnue ».

 

Les organisations appellent l’État à prendre des mesures temporaires d’accompagnement pour renforcer le soutien aux jeunes qui se trouveront dans une situation difficile, tout en soutenant provisoirement les entreprises à intégrer cette génération dans le monde du travail. Dans le détail, elles souhaitent que les entreprises qui les recrutent soient exonérées totalement de charges patronales et salariales pour l’embauche de jeunes diplômés en CDI.

 

Elles proposent aussi d’augmenter l’aide aux employeurs d’apprentis et de la rendre éligible à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, et pour tous les niveaux de qualification (en rouvrant notamment la possibilité de l’aide unique à l’embauche pour un contrat d’apprentissage dans le supérieur).

 

 Autre levier : donner aux employeurs  la possibilité de prolonger pour une période équivalente à la durée du confinement les conventions de stage (parties intrinsèques des formations) en cours avant remise du diplôme. Les pouvoirs publics pourraient aussi doubler la durée de l’aide à la recherche du premier emploi pour les jeunes disposant de faibles ressources, en la portant à  huit mois au lieu de quatre. Last but not least, les banques pourraient être sollicitées en vue d’un « un report général des premières mensualités de remboursement des prêts étudiants tant que les étudiants concernés n’auront pas trouvé de premier emploi ».