Crise sanitaire et carrière internationale : trois questions à Raphaël Reiter, fondateur d’International Santé, comparateur d’assurances pour les expatriés

Comment sont couverts les expatriés français et que veulent les cadres de l’étranger qui s’adressent à votre site ?

Raphaël Reiter : Un phénomène s’est produit avec l’apparition de deux types d’expatriés : ceux qui ont souscrit avec la peur liée à la Covid-19 et ceux qui ont perdu l’assurance santé payée par leur employeur. Les assureurs se sont plutôt bien adaptés et notre comparateur a été entièrement refait pour développer de nouveaux services exclusifs pour cette population transformée.

Il existe deux sortes de contrats expatriés. Le premier, annuel, est dit « à tacite reconduction ». Il est généralement souscrit pour un an minimum et son renouvellement est automatique à la date d’échéance sauf décision contraire de l’assuré. Tous les contrats de ce type distribués par International Santé couvrent bien les frais médicaux, sans exclusion ni restriction particulière sur la Covid-19, y compris en cas d’hospitalisation.

Il existe aussi une assurance temporaire de 12 mois maximum qui s’adressent notamment aux cadres détachés, aux indépendants présents dans le pays concerné pour une durée limitée. Les épidémies peuvent faire partie des exclusions de ces contrats, mais là aussi, certains assureurs ont adapté leur offre pour inclure cette couverture.

 

Dans le contexte de la covid-19, l’expatrié est-il en droit de demander la prise en charge de son rapatriement ?

Raphaël Reiter : L’assistance rapatriement ne peut également pas prendre en charge des frais de retour anticipé liés à la crainte d’attraper le virus ou pour rentrer dans son pays d’origine pour raison pratique, seule une urgence médicale permet de déclencher les services d’assistance.

Compte tenu de l’ampleur de l’épidémie et de l’impossibilité d’utiliser des vols commerciaux pour les personnes Covid+, les sociétés d’assistance ont précisé au début de la crise être dans l’impossibilité d’organiser un rapatriement international. Ils peuvent alors invoquer le cas de force majeure, et essayer d’organiser et prendre en charge l’évacuation à l’intérieur du pays, vers un établissement susceptible d’accueillir le patient selon les normes sanitaires européennes. Plus récemment, certains acteurs ont précisé qu’ils n’invoqueraient pas systématiquement la force majeure et essaieraient de trouver des solutions pour les cas extrêmes où une hospitalisation sur place serait impossible.

 

Peut-on alors compter sur une assistance de la Caisse des Français de l’étranger pour bénéficier d’un répit en France, le temps d’un retour relatif à la normale ?

Raphaël Reiter : Effectivement, de nombreux expatriés ont souhaité rentrer en France pendant quelques mois, le temps que la situation sanitaire s’améliore dans leur pays de résidence. La pandémie a servi d’accélérateur au mouvement d’individualisation de l’expatriation. D’une part,le nombre de retours en France des expatriés a doublé entre 2019  et 2020. La Caisse des Français de l’étranger, caisse de Sécurité sociale à adhésion volontaire, a rapidement réagi à la pandémie en facilitant l’adhésion des personnes séjournant depuis plusieurs mois à l’étranger, en raccourcissant le délai de carence de 6 à 3 mois. Cette mesure a incité de nombreux expatriés de longue date à adhérer à la Caisse. Par ailleurs pour les personnes rentrant temporairement, la CFE a étendu sa couverture en France de 3 à 6 mois. Cette disposition a évité de nombreux tracas administratifs aux expatriés qui auraient dû sans ça, entamer des démarches pour un rattachement temporaire à la Sécurité sociale.