Intox : dix points-clés pour en finir avec les idées erronées sur le marché de l’emploi des cadres et ses acteurs

Agacé par l’accumulation de contre-vérités sur la situation de l’emploi des cadres, Syntec Conseil en Recrutement organisation représentative du secteur (environ 130 cabinets membres), présidé par Antoine Morgaut, CEO Europe de Robert Walters (photo), fait un rapide état des lieux en dix points.

1— En France, le chômage des cadres n’existe pas. Avec 4 % de chômeurs, les cadres supérieurs sont privilégiés.

 

2— Il y a des pénuries de compétences sur de nombreux postes. C’est avéré, puisque 29 % des chefs d’entreprises interrogés ont des difficultés à trouver les compétences qu’ils recherchent, contre 21 % l’année dernière, soit une hausse de 40 %), selon l’enquête annuelle de ManpowerGroup Talent Shortage Survey

 

3— La principale motivation des cadres n’est pas le salaire. Ce n’est en tout cas pas la seule. Plus de la moitié des cadres (57 %) affirment que le salaire n’est pas la principale source de motivation au travail. Ils accordent notamment de l’importance à la reconnaissance (16 %), à la possibilité de télétravailler (16 %) et de suivre une formation qualifiante (16 %), confirme l’étude Cadremploi sur les salaires et perspectives d’augmentations.

 

4-Les cadres français travaillent beaucoup, contrairement à la légende des 35 heures. La France est en troisième position en Europe sur le temps de travail de ses cadres avec une semaine moyenne à 46,8 h, derrière le Royaume-Uni à 48,9 h et le Portugal à 47,3 h.

 

5— La majorité des cadres ne souhaite pas manager. C’est absurde, les cadres sont 67 % à ne pas vouloir exercer les responsabilités de leur supérieur hiérarchique.

 

6— Le marché de l’emploi des cadres n’est pas fluide. Encore une légende. Pour 3,5 millions de cadres, il y a 200 000 recrutements en moyenne répertoriés à l’Apec, soit 6 %.

 

7— Le CDI n’est plus le seul contrat chez les cadres et beaucoup revendiquent d’autres modes de travail : CDD, intérim, activité libérale. Oui, mais c’est à relativiser : les CDD de moins d’un an pour des postes de cadres représentent 1 recrutement sur 10. En 2014, les entreprises ont embauché près de 190 000 cadres, dont 11 % en CDD de moins d’un an, confirme l’Apec.

 

8— En France, le chômage est la principale discrimination en recrutement. C’est partiellement vrai. 37 % des chômeurs demandeurs d’emploi ont témoigné avoir été discriminés en situation d’embauche (29 % seulement pour les chômeurs en zone urbaine sensible).

 

9— Les cabinets de recrutement aiment présenter certains candidats surprenants. Seuls comptent les avis des recruteurs. Ces derniers notent d’après un sondage ManpowerGroup, que 84 % des DRH estiment que les cabinets de recrutement proposent des candidats variés sur le même poste.

 

10— Il existe une charte du recrutement responsable adoptée par tous les cabinets adhérents Syntec.