L’affaiblissement des syndicats ne profite à personne

L’édition 2019 des Perspectives de l’emploi de l’OCDE aborde les questions de la formation, de l’employabilité et du pouvoir d’achat, mais aussi celle du dialogue social et de la représentation des salariés. Leur affaiblissement est aussi celui du progrès social. L’organisation alerte sur la baisse de syndicalisation.

L’OCDE constate que les taux de syndicalisation et de couverture conventionnelle sont en baissedans de nombreux pays, affaiblissant le pouvoir de négociation des travailleurs. Dans la zone, la proportion de travailleurs couverts par des conventions collectives se limite à 32 %, contre 45 % en 1985. Dans certains États, l’amoindrissement du pouvoir de négociation va de pair avec la chute du pouvoir d’achat.Le rapport insiste sur le sort qui est fait travailleurs atypiques. Leur taux d’adhésion à des organisations représentatives est encore deux fois plus faible que celui des salariés en emploi traditionnel. « Ce taux réduit de syndicalisation reflète les difficultés pratiques et juridiques à organiser les travailleurs atypiques. Cela pourrait aussi être le résultat du développement historique de l’activité syndicale autour des besoins des travailleurs traditionnels avant ceux des travailleurs atypiques ».

 

Résultat : Pour de nombreux travailleurs situés dans la zone grise entre salariat et travail indépendant, il est particulièrement difficile de s’organiser et de négocier de manière collective. Le rapport précise : « Les travailleurs habituellement considérés comme travailleurs indépendants sont généralement exclus en vertu du droit de la concurrence interdisant les ententes, qui les considère comme des entreprises ». La situation peut convenir à des happy few qui ont des revenus élevés en tant qu’indépendants ou qui sont en mesure de négocier leurs tarifs avec leurs clients. Mais pour le plus grand nombre, cela pose des problèmes d’efficience et d’équité, de vulnérabilité face aux employeurs et aux clients.