La bougeotte, c’est bon pour la carrière des cadres (Ipsos-HEC Au Féminin)

Bouger oui, changer de métier s’il le faut, voire s’expatrier. Les cadres ont la bougeotte. Surprise, les start-ups ne font pas rêver les jeunes cadres. Ils sont moins nombreux à vouloir y entrer que les seniors. Mais les clichés sont tenaces.

Plus personne ne rêve d’une carrière linéaire. Que ceux qui hésitent à bouger de peur de passer pour des zappeurs frénétiques se rassurent : switcher est bon pour la carrière, nous apprend une enquête Ipsos-HEC Au Féminin menée auprès de 501 cadres, dont 178 anciens élèves de la business school. Il en ressort que plus deux personnes interrogées sur trois (69 %) ont déjà eu plusieurs employeurs, un bon tiers a carrément changé de métier , la même proportion a quitté une région pour une autre. « Mon premier poste n’était pas mon premier choix, mais une voie tracée par mes études, le fruit d’un parcours. Le véritable choix est celui que j’ai fait en cours de carrière : entrer dans l’édition et rester », témoigne cette ancienne élève de HEC.

 

L’un des principaux enseignements de l’enquête réside dans l’aspiration des femmes cadres à la mobilité. Une sur deux se déclare « intéressée » par un changement de métiers, une sur quatre est prête à s’expatrier, une sur cinq à créer son entreprise.  La tendance est nettement plus marquée chez celles sorties du moule de HEC.

 

Tous horizons confondus, une majorité de cadres pensent qu’avoir travaillé dans des univers professionnels différents, variés est un symbole de réussite. Ils sont 66 % à partager cet avis. Mais ils sont tout aussi nombreux à convenir qu’accéder à un poste à responsabilité, créer sa boîte ou gagner beaucoup d’argent est aussi des signes évidents de réussite.

 

Néanmoins, il peut être stressant de changer. Les moins de 40 ans sont nettement plus sensibles à cet aspect du développement de carrière que les seniors.  Les cadets sont plus demandeurs de sécurité que leurs aînés. Ils sont plus nombreux à viser prioritairement les grandes entreprises et la fonction publique. C’est une des surprises de l’enquête, ils ne sont que 11 % à rêver de travailler dans une start-up, contre 15 % des quinquas.