La CFTC invente la grève à la carte contre la journée de solidarité

Opposée depuis des années à la journée de solidarité, la CFTC est formelle : cette mesure est un mythe. En réalité, il a été instauré une taxe sur les salaires de 0,3 % de la masse salariale dite « contribution solidarité autonomie » prélevée mensuellement. Or, déplore la centrale, « un certain nombre de salariés se voit imposer de travailler gratuitement une journée dans l’année. Un prélèvement de 0,3 % sur une journée payée 0 euro rapporte très exactement 0 euro ».

 

Le syndicat souligne surtout que le dispositif n’est plus adapté à la situation actuelle sur le marché de l’emploi. « Quel sens il y aurait-il à obliger des salariés qui sont régulièrement au chômage technique à travailler une journée en plus, comme dans le secteur automobile ? Est-il équitable qu’une caissière de supermarché doive offrir une journée de travail à son entreprise, alors qu’un cheminot est censé travailler 1 minute 52 de plus par jour pour s’acquitter de sa journée dite de solidarité» interroge encore la CFTC qui ne voit dans la mesure que « des aberrations économiques et sociales », car tout travail mérite salaire.

 

Elle lance un mot d’ordre de grève adressé à tout salarié du secteur privé que son employeur voudrait obliger à travailler gratuitement le lundi de Pentecôte ou tout autre jour férié de l’année travaillé au titre de ce mécanisme.

 

La journée de solidarité a été mise en place en 2004 pour financer une meilleure prise en charge des seniors en perte d’autonomie, après la canicule de 2003 qui avait mis au jour les insuffisances de l’accompagnement des personnes âgées. Entre 2004 et 2014, elle a rapporté 23,5 Mds €.