L’État veut ponctionner les réserves de l’ANCV, la CGT et la FSU s’insurgent

L’État s’apprête à ponctionner 30 M€ sur les réserves de l’Agence nationale des chèques vacances (ANCV) pour alimenter le fond de solidarité mis en place au profit des entreprises. À une large majorité, le conseil d’administration de l’organisme répond favorablement à cette requête, mais le procédé suscite l’ire de la CGT et de la FSU. Elles réclament « l’annulation pure et simple de cette ponction », la considérant comme « un détournement intolérable de l’épargne des salariés et des agents de la fonction publique aux revenus les moins élevés ».

 

Selon les organisations protestataires, la demande de l’État crée « un dangereux précédent de financement de politiques publiques ne relevant pas de l’objet social de l’ANCV ». Sans parler de l’impact préjudiciable de ce prélèvement sur les moyens financiers de l’agence.

 

Non pas que la CGT et la FSU refusent tout effort de solidarité. Pour preuve, l’ANCV a dernièrement décidé, à l’unanimité du conseil d’administration, des mesures exceptionnelles d’un montant de 10 M€, au bénéfice -notamment- des prestataires du tourisme social.

 

Le financement de l’ANCV résulte de l’épargne des salariés du privé et des agents de la fonction publique, abondée par les employeurs. Ce sont majoritairement ceux qui ont les salaires les moins élevés qui épargnent pour leurs vacances. L’abondement des employeurs est fonction du quotient familial ou du revenu fiscal de référence. Cette épargne leur est restituée sous forme de chèques vacances utilisables pour couvrir une part des dépenses de leurs séjours de vacances.

 

« Le gouvernement s’est engagé à ne pas faire payer aux salariés et a fortiori aux plus démunis les effets économiques de la crise. Il doit maintenant passer aux actes en annulant purement et simplement cette saisie insupportable », s’insurgent la CGT et FSU. Elles suggèrent d’autres pistes pour nourrir le fonds de solidarité : taxer les dividendes que certaines entreprises se refusent d’annuler cette année, rétablir l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), prendre des mesures coercitives contre l’évasion fiscale, etc.