La Confédération française des retraités (CFR) relance la piste d’un régime universel

La Confédération française des retraités (CFR) remet au goût du jour la piste d’une retraite universelle, un projet qui mijote depuis une dizaine d’années. La période électorale semble être un moment propice pour ressortir le dossier.

L’organisation présidée par Pierre Erbs est catégorique : « la multiplicité de nos régimes de retraite devrait céder la place à un régime universel. “C’est le seul moyen de préserver le système par répartition auquel notre pays est très attaché, le seul qui préserve l’équité entre tous”, dit-elle en substance. Pour la CFR, le morcellement rend le système français illisible, injuste et inadapté à la mobilité professionnelle. En outre, les incertitudes qui pèsent sur les différents compartiments appellent à la consolidation. La fédération s’appuie sur les travaux de différentes institutions (OCDE, COR, etc.) pour défendre ce principe. Depuis juillet dernier, il tient sous le code un projet prêt à l’emploi, portant création d’un régime unifié à l’horizon 2022, le temps de mener à bien les indispensables concertations et études techniques.

 

À cette date, tous les anciens mécanismes et les droits attachés (convertis en équivalents) basculeraient dans le nouveau régime universel. Celui-ci s’appliquera aux rémunérations inférieures à quatre fois le plafond de la sécurité sociale, sans pour autant exclure des couvertures supplémentaires. La responsabilité de son équilibre incomberait conjointement à l’État, aux partenaires sociaux et à une représentation des associations de retraités. Les avantages non contributifs seront gérés par un fonds de solidarité vieillesse dont le financement est assuré par la solidarité nationale. Et pour éviter toute dérive, “aucun droit ne pourra être attribué à un assuré s’il ne résulte pas du versement de cotisations inscrites sur son compte”.

 

Afin de tester son idée, la confédération a fait réaliser un sondage effectué du 22 au 24 novembre sur un échantillon de 1018 personnes. Les résultats lui donnent raison . La fusion des différents régimes de retraite est approuvée par 75 % des personnes interrogées. 82 % des sondés se disent favorables à la simplification du système actuel et 74 % tiennent à la sauvegarde du système par répartition. Par ailleurs, l’amélioration de l’équité des retraites quelle que soit l’activité professionnelle est soutenue par 72 % des prospects.

 

La CFR se dit consciente de la résistance que suscitera son projet s’il était mis en œuvre. Son enquête révèle que 79 % des personnes interrogées anticipent un risque de grèves et de manifestations majeures. Elle fait savoir qu’elle en tient compte et prévoit donc “une période de concertation suffisante, propre à endiguer cette hypothèse fort justifiée en cas d’absence d’une pédagogie adaptée”.