La crise sanitaire réveille le patriotisme industriel

Une enquête de La Fabrique de l’industrie menée auprès de 500 entreprises industrielles fin septembre relativise l’ampleur des délocalisations. Elle indique aussi une tendance à la relocalisation.

Le premier enseignement de ce sondage est que seules 2 entreprises sur 10 ont recours à la sous-traitance étrangère ou à des délocalisations. La grande majorité des entreprises mène donc ses activités et ses approvisionnements sur le sol français. Les délocalisations et la sous-traitance étrangère sont plus répandues parmi les plus grandes entités (34 % des entreprises de plus de 50 salariés), contre seulement 14 % des TPE.Par ailleurs, parmi les entreprises concernées, un quart seulement a accentué son recours à la sous-traitance étrangère ou aux délocalisations dans les dix dernières années. Un autre quart l’a réduit et la moitié restante l’a maintenu stable.

 

La réduction des coûts directs ou indirects (travail, fiscalité, réglementation…) est évidemment une des motivations du recours aux délocalisations ou à la sous-traitance étrangère, mais elle n’est pas la seule. Près de la moitié (47 %) des entreprises y ayant recours invoquent une motivation hors coût et notamment, pour un tiers d’entre elles, la possibilité d’accéder à une expertise spécifique, à des capacités de R et D ou à un savoir-faire. Pour les 53 % restants, la réduction des coûts se mêle au rapprochement des marchés étrangers.

 

Parmi l’ensemble des entreprises industrielles interrogées -y compris celles qui n’ont pas aujourd’hui recours à la délocalisation ni à la sous-traitance étrangère-, 60 % envisagent dans les trois prochaines années de créer des emplois uniquement en France. Ce taux atteint 66 % lorsqu’on pose la question aux entreprises d’au moins 50 salariés et 79 % si l’on parle de créations d’emplois en France ou à l’étranger. Cet engouement est un peu moins marqué pour les TPE, mais elles sont tout de même majoritaires (54 %) à envisager des créations d’emplois en France d’ici trois ans.

 

En comparaison, 40 % des entreprises interrogées ayant recours aux délocalisations ou à la sous-traitance étrangère ont l’intention de relocaliser des activités dans les trois années à venir. C’est certes une bonne nouvelle, mais cela ne concerne donc que 8 % du total des entreprises.

 

Le sondage a été réalisé par Ifop pour La Fabrique de l’industrie, par téléphone, auprès d’un échantillon de 501 dirigeants d’entreprises du secteur industriel, représentatif des entreprises françaises d’au moins un salarié dans ce secteur (méthode des quotas), du 21 au 30 septembre 2020.