La crise va impacter la progression des salaires des cadres (étude Apec)

Selon le Baromètre 2020 de la rémunération des cadres publiée par l’Apec ce 3 septembre, le salaire médian des cadres s’est stabilisé à 50 000 € en 2019 après une progression au cours des années précédentes. Il était en 2019, de 54 000 € en Ile-de-France contre 48 000 € en région.  La crise pourrait fragiliser cette dynamique. Par ailleurs, les disparités régionales entre l’Île-de-France et les autres territoires persistent.

 

Le DG de l’Apec, Gilles Gateau  (photo), est formel : « La crise économique a d’ores et déjà un impact visible sur l’emploi des cadres, mais elle aura aussi certainement un impact sur leurs rémunérations. Alors que l’on assistait depuis plusieurs années à une hausse constante des salaires des cadres, plusieurs phénomènes vont remettre en question cette dynamique ». Primo, les négociations annuelles obligatoires (NAO) vont aboutir à un ralentissement des progressions. Secundo, les parts variables liées aux résultats vont baisser . Tertio, il y aura un ralentissement prévisible de la mobilité externe qui est un des facteurs importants de la progression salariale des cadres.

 

L’Apec souligne qu’habituellement, dans une conjoncture favorable, les cadres en début de carrière sont les plus nombreux à bénéficier d’une hausse de leur rémunération au sein de leur entreprise ou lors d’un changement d’employeur. En 2019, 62 % des cadres de moins de 30 ans ont connu une augmentation (contre 38 % pour les plus de 50 ans) et 78 % des moins de 30 ans ayant changé d’entreprise ont été augmentés (versus 54%). Cette année, « sous l’effet de la crise, les plus jeunes, qui sont aussi les plus mobiles, pourraient être moins nombreux à bénéficier d’une évolution salariale dans le cadre d’une mobilité externe ». Dans ce contexte, analyse l’association du boulevard Brune, la mobilité interne, en changeant de poste au sein d’une même entreprise, pourrait être perçue comme une alternative, même si, dans ce cas, la hausse de la rémunération reste plus limitée que suite à un changement d’entreprise. 

 

Sur un autre plan, les rémunérations variables seront les plus impactées. L’impact de la crise devrait se ressentir en particulier sur l’intéressement et la participation, dont les montants dépendent des résultats des entreprises. Sachant que l’an dernier, un cadre sur trois avait bénéficié de l’intéressement et de la participation.

 

 

« Dans ce contexte, les entreprises devront être vigilantes à ne pas ralentir le rythme -encore trop lent- de réduction des inégalités salariales entre femmes et hommes. C’est un vrai risque : il faut conserver des marges de manœuvre salariales pour poursuivre et accélérer ce mouvement. Plus largement, elles vont devoir faire évoluer leur politique de gestion et de progression de carrière », recommande l’Apec.