La discrimination à l’embauche ne recule pas, bien au contraire

Meteojob, site de recherche d’emploi a réalisé, avec l’IFOP, une enquête 4000 salariés français sur les discriminations durant le processus de recrutement. Mené en avril dernier, le sondage confirme que les dérives se sont ces dernières années, au détriment des femmes et des minorités visibles.  Plus il y a de campagnes contre les discriminations à l’embauche, plus il y en a. Le sondage Meteojob Ifop constate qu’en vingt ans, le nombre de victimes. 21 % des salariés disent avoir déjà été discriminé, contre 12 % en 2001. Les sujets varient néanmoins selon les situations. Dans le détail, 23 % des femmes en ont fait l’expérience, contre 19 % des hommes. Sur le plan de l’âge, 25 % des moins de 30 ans ont déjà été lésés, quand le ratio est de 12 % chez les sexagénaires. Par catégorie sociale, en gros, plus on est qualifié, moins on est discriminé.  

 

Les différences de traitements sont beaucoup plus nettes concernant les minorités ethniques. La proportion de salariés déclarant avoir été victimes d’une discrimination lors de la recherche d’emploi est très largement supérieure à la moyenne chez les personnes « non blanches » (42 %), parmi les personnes issues de minorités religieuses, soit 53 % chez les musulmans, 35 % chez les protestants et évangéliques. Globalement, un salarié d’origine étrangère sur deux a été défavorisé durant le processus.

 

Les moments-clés où les différences deviennent des handicaps sont l’entretien, l’examen du CV et la décision finale. En entretien, certaines questions et remarques sont non seulement déplacées, mais elles frisent l’agression. Un salarié sur 6 a fait l’objet d’une remarque désobligeante durant l’entretien. Une musulmane sur trois a t déjà subi des propos déplacés à propos de ses croyances religieuses. La même proportion de candidats de nationalité étrangère a subi des moqueries liées à leur prénom ou nom de famille. Dans un cas sur quatre, les personnes portant des signes religieux ont déjà fait l’objet de remarques liées à leur manière de s’habiller. La palme de la stupidité revient au sexisme qui est en très nette hausse. En gros, 19 % des salariés ont déjà subi des propos déplacés. Une femme sur 4 s’est déjà vue demander s’il elle comptait avoir prochainement un enfant. Pire, certaines salariées interrogées ont rapporté des faits de harcèlement sexuel : 5 % disent s’être vues offrir un poste en échange de faveurs sexuelles, et 5 % demander de porter des tenues plus sexy.

 

 Autre forme de discrimination : l’apparence physique. 19 % des personnes interrogées affirment avoir été victimes d’irrespect lors de leur entretien d’embauche. Un irrespect lié à des remarques concernant particulièrement la tenue vestimentaire, le sur poids, l’accent.