La fonction RH dans le viseur des cost killers

À en croire le benchmark d’ADP, une référence dans ce domaine, la gestion administrative paie et RH est de 445 € par an et par salarié géré. Cette somme est en légère baisse depuis 2018 (448 €), après avoir régulièrement augmenté au cours de huit années précédentes. En 2010, le coût observé était ainsi de 384 €.  Cela inclut les salaires bruts, les cotisations sociales, la quote-part des frais généraux et les coûts du système d’informations RH. La somme grimpe à 558 € si l’on prend en compte les coûts cachés, dont la maintenance du système, la formation, la main-d’œuvre indirecte, les frais d’interface, etc.

 

Le comparatif d’ADP a été mené sur un panel de 403 entreprises. Avec 445 €, la France affiche la moyenne la plus élevée parmi les six pays suivis, sachant que les coûts sont de 236 € en Espagne, 308 € en Allemagne et 420 € en Italie. 

 

Concernant la productivité de la fonction, l’étude révèle qu’un équivalent temps plein de la fonction paie et administration du personnel gère en moyenne 176 salariés, pour un coût qui s’élève à 63 500 € par an (incluant le salaire chargé et une quote-part de frais généraux).

 

ADP souligne que les services RH ont été rationalisés, optimisés, dans une logique d’économies , au fil des années. Dans le même temps, les dispositions réglementaires se multiplient et complexifient le calcul des cotisations sociales et des charges fiscales. En France, 67 textes normatifs impactant la paie et les RH  sont parus entre le 1er avril et le 4 mai 2020. Les experts en droit du travail ont, en conséquence, implémenté 189 modifications sur les modèles réglementaires de paie.

 

Par ailleurs, d’autres textes impactent la fonction RH, à l’instar de l’entretien professionnel obligatoire, des revues de salariés au forfait jour ou encore l’entretien obligatoire pour les salariés en télétravail.

 

« Avec la crise, les ressources humaines font face à une triple priorité qui s’ajoute à la continuité de service : ajuster les charges en tenant compte des variations de l’activité, s’assurer de la conformité légale tout en mettant en œuvre les dispositifs spécifiques à la crise et, avant tout, garantir la sécurité et la santé des collaborateurs » , analyse Carlos Fontelas de Carvalho, président d’ADP en France.