La laborieuse mise en place des CSE décryptée par une enquête Syndex Ifop

Syndex, spécialiste de l’accompagnement des représentants des salariés, publie les résultats d’une enquête -la deuxième du genre- menée avec l’Ifop sur le regard que portent les anciens élus des CE et CHSCT  sur le comité social et économique, CSE.

Depuis le 1er janvier 2020, toutes les entreprises sont censées avoir remplacé leurs instances de représentants du personnel, comité d’entreprise (CE), comité d’hygiène, de sécurité et de conditions de travail (CHSCT) et délégué du personnel (DP), par une nouvelle instance, le comité social et économique (CSE).  De fait, une bonne part des structures assujetties n’en sont pas dotées. Dans les entreprises qui se sont conformées à la législation, l’enquête Syndex Ifop a interrogé les élus. L’état des lieux n’est pas folichon. Ils sont 69 % à penser que la nouvelle instance va modifier leur situation en tant que représentant du personnel, et pas dans le bon sens. Environ des personnes interrogées 57 % subissent une réduction de leurs heures de délégation et 52 % prévoient de compenser cela par un investissement personnel accru. Un élu témoigne : « Ce qui m’inquiète à terme, c’est la résistance des élus à la charge de travail. À long terme, c’est quand même lourd ce mandat. On nous demande de tout faire.  J’ai peur d’un syndrome de burn-out ».

 

Si 67 % des représentants interrogés estiment avoir été bien préparés pour négocier le passage en CSE, en étant, notamment, accompagnés par leur organisation syndicale, des cabinets d’avocats et des cabinets d’expertise, une bonne partie d’entre eux s’attendent à un affaiblissement de leur poids face à la direction. Un tiers d’entre eux 36 % redoutent une diminution des moyens et, dans un autre registre, une moins bonne prise en compte des enjeux de la santé au travail. « Nos heures de délégation ? On en a perdu la moitié à peu près pour tous les mandats. On limite la casse en travaillant à la maison, parce qu’il n’y a plus assez d’heures, pour avoir du concret, du constructif, on rédige des tracts. Sans travailler à la maison, c’est impossible », dit un prospect.

 

Par ailleurs, après la disparition CHSCT, et l’intégration des sujets relatifs à la santé et aux conditions de travail dans le CSE, 63 % du panel doutent de la capacité de l’instance unique à traiter tous les thèmes en profondeur. Dans ces conditions, les directions sont perçues comme les gagnantes de la réforme par 78 % des élus interrogés, tandis que 44 % désignent les organisations syndicales comme bénéficiaires. Néanmoins, la moitié des porteurs de mandat restent motivés et déterminés.

 

Pour Olivier Laviolette, membre du comité de direction de Syndex, « Les résultats de cette 2e enquête sur la mise en place des CSE confirment la diminution des moyens alloués dans un contexte de plus forte exigence de la fonction de représentants des salariés et une certaine détérioration du dialogue social. » Catherine Jordery-Allemand, également membre du comité de direction du cabinet nuance : « au fur et à mesure que les élus entrent dans la vie quotidienne des CSE, ils réinventent des pratiques pour rendre l’exercice praticable. Cela mérite probablement des mises en commun. »