La loi sur le monopole des services d’emploi sera bien précédée d’un débat

Est-ce sous la pression de la CGT et des députés communistes ? La ratification de la convention de l’Organisation internationale du travail (OIT) réglementant les agences d’emploi privées a été reportée et sera finalement débattue avant de faire l’objet d’un vote le 22 janvier prochain.

 

Le texte devait être voté jeudi en procédure simplifiée, c’est-à-dire sans aucun débat parlementaire,  dès le 18 décembre. « Cette convention vise à la libéralisation du placement des demandeurs d’emploi au profit d’agences d’emploi privées :intérim, cabinets de placement, Opérateurs Privés de Placement, etc. » , avait tonné le syndicat de Montreuil. Dans un long communiqué, il y voyait « outre le démantèlement des missions de service public de Pôle Emploi, les expériences déjà réalisées par le passé démontrent que le recours aux structures privées n’a jamais amené de meilleurs résultats que ceux obtenus par des opérateurs de service public de l’emploi et cela malgré le peu de moyens donnés à ceux-ci en matière de suivi et d’accompagnement des travailleurs privés d’emploi.Si la convention 181 de l’OIT peut représenter un progrès pour les pays qui ne sont pas dotés d’un service public de l’emploi, sa ratification par la France n’apporterait aucune amélioration du service que la collectivité doit aux millions de personnes privées d’emploi dans notre pays   Ce projet de loi fait insidieusement disparaitre la gestion de l’indemnisation des demandeurs d’emploi des missions de Pôle Emploi. Cet aspect soulève de multiples questions, conclut en substance la CGT.

 

Les députés communistes et même certains socialistes ont pris le relais à l’Assemblée nationale comme au Sénat.  Le ministère du Travail, François Rebsamen, assure que la ratification de la convention de l’OIT ne changera absolument rien en France », où le monopole du placement est « aboli depuis la loi du 18 janvier 2005 ». Toutefois, l’exécutif a jugé bon de donner suite à « une demande légitime d’avoir un débat ».