La Poste : trois accords majeurs sur les carrières, les conditions de travail et les rémunérations

Épilogue d’un feuilleton à rebondissement entamé depuis mai 2014 dans le cadre du nouveau plan stratégique  La Poste 2020 , trois accords distincts viennent d’être signés par la direction du groupe La Poste et une majorité de syndicats.

 

La DRH de la Poste avait souhaité agglomérer l’ensemble des volets abordés en un seul et unique texte. Plusieurs syndicats disposant d’une majorité de blocage s’y étaient opposés. À la faveur des dernières élections professionnelles, les organisations favorables à la convention unique ont gagné du terrain. La procédure pouvait reprendre. Mais le groupe a choisi l’apaisement en optant in fine pour trois volets indépendants. Une démarche plus complexe, mais qui permet aux syndicats de faire leur marché, en ne validant que les dimensions qui leur conviennent. Résultat, la liste des signataires varie.

Le premier accord, baptisé « Un avenir pour chaque postier » est approuvé par la CFDT, FO, la CFTC, la CGC et l’UNSA . Il met en place une GPEC incluant la création d’un observatoire des métiers paritaire. Il confirme la priorité à la mobilité interne, y compris entre les branches, et offre des garanties lors des évolutions professionnelles vers ou depuis une filiale du groupe (reprise de l’ancienneté, garantie a minima de la rémunération fixe annuelle nette, absence de période d’essai, etc.) ainsi qu’un meilleur accompagnement de la mobilité géographique et fonctionnelle (prime de mobilité fonctionnelle, meilleur accompagnement des changements de domicile).

Dans le même temps, l’employeur va consentir un effort de formation sans précédent. 80 % des postiers seront formés chaque année, 100 % des postiers formés sur 2 ans avec une durée moyenne de 100 h de formation par tête, sur 5 ans. À cela s’ajoute le développement de parcours qualifiants accompagnant l’évolution au sein de son propre métier ou vers un nouveau métier (10 000 parcours par an soit 50 000 parcours sur la période de l’accord) et la création d’une prime de qualification.

Autre volet : la poursuite de la démarche engagée de prévention et d’amélioration des conditions de travail. En matière de prévention de la pénibilité notamment, La Poste élargit la liste des fonctions reconnues à facteur de pénibilité et accorde 3 à 5 jours de repos supplémentaires chaque année à partir de 55 ans pour les postiers exposés à des facteurs de pénibilité.
Pour couronner le tout, ce texte renforce l’accompagnement de l’évolution des managers, l’intégration des nouveaux managers et ouvre la possibilité aux cadres supérieurs qui occupent des fonctions de management opérationnel d’accéder au forfait jour. Par ailleurs, La Poste s’engage dans un programme de développement des activités et des compétences de la filière RH. Dans ce cadre une École RH sera créée.

 

Le second accord, paraphé par les organisations syndicales CGT, CFDT, CFTC, CGC et UNSA, règle le délicat problème du « complément de rémunération » qui empoisonne les relations sociales depuis plusieurs années.
Il est institué, à compter du 1er juillet, un « complément de rémunération », identique pour tous à un même niveau de fonction et une « indemnité de carrière antérieure personnelle » qui reprend à titre individuel les éventuels éléments indemnitaires hérités de la carrière passée de chacun.

Ces deux nouvelles indemnités remplacent le « complément poste » et donnent à chaque postier la garantie de percevoir un montant au moins équivalent à son « complément poste » actuel. 140 000 postiers recevront avec leur paie de juin 2015, au titre de 2014, une prime exceptionnelle d’un montant égal à la différence entre le « complément de rémunération » et leur actuel « complément poste ».

 

Le troisième texte, signé par la CGT, la CFDT, SUD, FO, la CFTC, la CGC et l’UNSA, porte sur l’évolution des grilles indiciaires des fonctionnaires de La Poste. Il organise la transposition des mesures fonction publique pour les fonctionnaires des catégories B et C. Il permet ainsi le prolongement par de nouveaux échelons des grilles de rémunération des fonctionnaires de La Poste des classes I à III.

Ces évolutions seront effectives dès la publication de décrets pris en Conseil d’État.