La vérité sur le travail au noir, révélée par une enquête de Bercy et du Crédoc.

Environ 4 % des Français reconnaissent avoir travaillé au noir dans l’année. Sur quatre ans, la proportion de fraudeurs atteint 8 %. Le ratio est nettement plus élevé, dans les services à la personne, où un employeur sur cinq admet avoir recours au travail dissimulé.

Ce constat alarmant pour les finances publiques figure dans l’enquête menée conjointement par la Direction générale des entreprises (DGE), la Délégation nationale à la lutte contre la fraude (DNLF), en collaboration avec le Crédoc. « Le travail dissimulé semble toucher toutes les catégories sociales et toutes les classes d’âge. Cependant, les hommes ainsi que les bas revenus sont plus représentés. Les retraités sont, en revanche, très peu représentés », précise l’enquête.  Dans le détail, le travail dissimulé est surtout le fait de salariés et travailleurs indépendants qui arrondissent leurs fins de mois (53 %).  Les chômeurs (18,2 %) sont aussi actifs dans ce domaine. Les étudiants ne sont responsables que de 7.8 % des cas de fraudes et les retraités ou mères au foyer n’interviennent que dans une proportion marginale.

 

Les secteurs les plus touchés sont la construction (21 %), l’hébergement et la restauration (20 %), ainsi que les arts et spectacles (9 %). Ces trois secteurs représentent la moitié du travail non déclaré.  Mais le poids du travail à domicile n’est pas négligeable. 27 % des travailleurs non déclarés exercent dans les services à la personne. Les employeurs sont nombreux à payer sous le manteau : 20 % d’entre eux ont recours aux prestations non déclarées.

 

Paradoxalement, le travail au noir n’est pas moins onéreux pour le donneur d’ordre. Bien au contraire, constate l’étude. La rémunération horaire pour le travail dissimulé est en moyenne de 10 € de l’heure. Elle est donc supérieure au SMIC horaire, à la date de l’enquête, effectuée en juin 2015, soit 10 € contre 7,53 € net.  En outre, d’un point de vue éthique, note l’enquête, le travail dissimulé est plus toléré que la fraude aux prestations sociales.