L’absentéisme pour maladie et accident de travail bondit de 9% dans le secteur public

L’observatoire de l’absentéisme dans le secteur public, réalisé par WTW en France auprès de 10 930 collectivités employant 273 000 agents, présente l’évolution des tendances et les enjeux de l’absentéisme au sein des structures publiques pour l’année 2022.

Le taux d’absentéisme en maladie ordinaire s’élève à 4,52%, en progression de 12% par rapport à l’année précédente. L’augmentation cumulée depuis 2016 dépasse 28%. Près d’un agent sur deux s’est absenté au moins une fois dans l’année (+ 29% par rapport à 2021), mais pour des durées plus courtes. Les arrêts de durée relativement courte sont les principaux contributeurs à cette augmentation : près de 46% des arrêts sont d’une durée de 4 à 10 jours tandis qu’ils représentaient 30% des arrêts en 2021.

 

On observe une forte prédominance des arrêts d’une semaine, très probablement liée aux vagues COVID qui sont survenues en 2022. Le taux d’absentéisme pour accident de travail s’établit à 1,31%, sans amélioration sur quatre ans. Les accidents de service représentent 77% des sinistres. Leur gravité augmente. Ils sont, en revanche, moins fréquents et touchent moins d’agents.  Les situations sont toutefois très contrastées en fonction des secteurs d’activités. Les secteurs où les expositions aux contraintes et risques physiques sont importantes (entretien, maintenance, voirie, restauration, …), restent particulièrement touchés.

 

Les accidents de trajet, qui étaient en hausse avant la crise sanitaire, restent à un niveau stable depuis trois, ans. Ils représentent 11% des sinistres. Les activités les plus exposées aux accidents de trajet sont les activités à horaires fractionnés (comme la restauration, l’aide à domicile…),

 

La maladie professionnelle, en baisse tendancielle depuis 2020, représente 12% des sinistres en 2022. Ce risque reste difficile à apprécier, les modalités de reconnaissance étant fondées sur des « tableaux » et tournées vers la réparation du risque.

 

L’observatoire de WTW est complété cette année par une enquête réalisée auprès de 182 structures publiques. Pour 60% des personnes interrogées la principale cause d’absence est liée à l’usure professionnelle. 45% citent le manque de motivation et d’engagement des agents.

 

Les répondants mettent également en avant leurs difficultés à endiguer la progression de l’absentéisme. 70% d’entre eux reconnaissent qu’ils manquent de ressources en interne ou de temps pour agir. Ils sont 20% à ne pas disposer d’outils d’analyse.

 

Cependant, 65% des organisations publiques envisagent de poursuivre leurs efforts dans les prochaines années pour déployer des mesures en faveur de la qualité de vie au travail (56%), ainsi que des actions de prévention des risques psychosociaux (38%) et physiques (34%).

 

Noémie Marciano, directrice placement & actuariat health & benefits chez WTW en France  (photo), analyse  «Cette tendance structurelle est inquiétante, le manque d’actions concrètes pour endiguer le phénomène pèse lourd sur le budget des collectivités et remet en cause l’assurabilité du risque auprès d’acteurs privés. Dans un contexte d’allongement de la durée de vie au travail, les organisations publiques devront donc plus que jamais veiller à mettre en place des actions en faveur de la qualité de vie au travail et de prévention des risques psychosociaux et physiques. »