Lancement d’un ambitieux plan de mobilité professionnelle franco-allemand

La France et l’Allemagne travaillent conjointement à un plan de mobilité professionnelle des travailleurs des deux rives du Rhin. Ce plan de grande envergure vient d’être dévoilé.

 

Par ce plan d’action pour la mobilité professionnelle franco-allemande, Paris et Berlin souhaitent favoriser l’émergence progressive et réelle d’un marché du travail en Europe. En premier lieu, il vise à créer un vivier de travailleurs français et allemands pouvant être mobiles dans le pays voisin via quatre actions. Dans cette optique, l’Allemagne et la France considèrent toutes deux que l’apprentissage est une voie de formation privilégiée et encouragent les échanges d’apprentis au sein de grands groupes franco-allemands et européens.

 

En second lieu, l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) renforcera son offre d’accompagnement culturel à la mobilité professionnelle. La troisième action sera engagée par la Chambre franco-allemande de commerce et d’industrie de Paris. Celle-ci étendra l’envergure de sa plateforme franco-allemande « écoles-entreprises ». Un quatrième levier sera actionné par le secrétariat franco-allemand pour les échanges en formation professionnelle (SFA) multipliera les échanges en formation professionnelle dans les deux pays, via les centres de formation d’apprentis (CFA).

 

Sur un autre plan, Pôle emploi lancera une offre de service spécifique baptisée « Destination Allemagne ». Symétriquement, une « équipe virtuelle France » sera créée par l’Agence fédérale pour l’emploi (Bundesagentur für Arbeit). Également mobilisé, Business France augmentera le nombre de volontaires internationaux en entreprises (V.I.E) à destination de l’Allemagne. Un nouveau programme de « recrutement inversé » à destination des professionnels chevronnés sera lancé par la Chambre de commerce et d’industrie française en Allemagne (CCFA) basée à Sarrebruck. En retour, la chambre de commerce et d’industrie du sud du Rhin supérieur renforcera ses actions en vue de promouvoir l’apprentissage transfrontalier.

 

Ce n’est pas tout. Un salon de l’emploi dédié aux Français sera organisé à Berlin , prolongé par des « rencontres de partage d’expériences » entre les conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF) et des jeunes Français vivant à Berlin. De même, des prestations de coaching seront mises en place par la Bundesagentur für Arbeit et le Sénat de Berlin pour les Français au centre français de Berlin.

 

Impliquées dans la démarche, les grandes entreprises des deux pays seront sur le pont, tant pour l’action d’échange d’apprentis (Allianz, Airbus, BASF, Bosch, BNP Paribas, Danone, Engie, L’Oréal, Michelin, Siemens, Babilou, Nestlé, Safran) que pour l’action sponsorisée par les entreprises Mazars et Total.

 

Toutes ces initiatives sont supervisées Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social et son homologue, Andrea Nahles, ministre fédérale du Travail et des Affaires sociales. « La liberté de circulation des travailleurs constitue l’un des fondements de la construction européenne. Elle renforce au-delà des expériences personnelles. Le marché du travail européen, en permettant aux travailleurs de développer leurs projets professionnels, de s’adapter aux changements et d’acquérir de nouvelles compétences », disent-elles.