L’apprentissage assure la professionnalisation, mais ne garantit pas l’embauche

Dans les métiers bancaires, l’apprentissage n’est pas la panacée, surtout en période de crise. C’est la conclusion d’une enquête que quatre chercheurs ont menée auprès d’étudiants d’un IAE de la région parisienne, et que publie le Centre d’études de l’emploi (CEE).

La filière reste avantageuse pour les étudiants qui s’y engagent. Ils accèdent directement à la professionnalisation, en bénéficiant d’une formation académique et d’une rémunération, même modique.Pour autant, le passage par l’alternance ne garantit pas le job. Un alternant sur deux n’a pas vu son parcours transformé en CDI à l’issue de la formation. « Nombre d’étudiants en gestion de portefeuille font état de la répercussion de la crise sur l’entreprise qui les accueille », précise l’étude. « Plusieurs d’entre eux déclarent avoir assisté à des réorganisations internes. D’autres, recrutés en alternance, ont été avertis que l’établissement bancaire, en phase de réduction de personnel, ne pérenniserait pas leur emploi ». Un peu plus chanceux, certains ont décroché un poste après une parenthèse de quelques mois, au cours desquels ils ont pointé à Pôle emploi.

 

Les banques aussi tirent profit de l’alternance. Elles l’utilisent pour diversifier leurs sources de recrutement. Elles s’en servent aussi comme sas avant l’embauche définitive, le postulant restant en observation pendant une période d’un an. En retour, ces jeunes constituent une main-d’œuvre peu chère, rémunérée en dessous du SMIC, avec une exonération quasi totale des cotisations sociales.

 

Les établissements d’enseignement supérieur trouvent aussi leur intérêt dans les partenariats noués avec les banques. Ils nouent des relations durables et accèdent à des sources de financement. Dans le cas de l’IAE concerné par l’enquête, les entreprises versent un écot de 2500 € de droit d’inscription par étudiant, au titre de la taxe d’apprentissage.

 

L’Insee estime à un peu plus de 135 000 le nombre d’apprentis de l’enseignement supérieur, toutes disciplines confondues. Les effectifs ont fortement progressé depuis 2005 (+200 % entre 2005 et 2011). Toutefois, les apprentis ne représentent que 5 % des effectifs de l’enseignement supérieur.