L’apprentissage voie royale vers l’emploi, reste très sensible à la conjoncture économique

L’enquête que publie le Céreq sur l’apprentissage après avoir analysé 20 ans d’insertion des apprentis est catégorique.   Cette voie de formation permet en effet un accès à l’emploi plus rapide, mais différencié selon les niveaux de formation et sensible à la conjoncture.

Le nombre d’apprentis a quasiment doublé depuis le début des années 1990. Les effectifs sont évalués à 412 000 en 2017, au lieu de 220 000 en 1992. Cette croissance est favorisée par l’arrivée massive des jeunes de l’enseignement supérieur dont la part, inexistante en 1990, représente aujourd’hui 30 % du total. Les logiques d’usage de ce mode de formation ont été modifiées : certains jeunes cherchent à « professionnaliser » leur parcours de formation, d’autres saisissent l’occasion d’un mode de financement d’une poursuite d’étude, et d’autres enfin s’engagent dans une procédure de pré recrutement. Le noyau central de l’apprentissage reste néanmoins constitué par les jeunes de niveaux V (CAP).

 

Avoir suivi une formation par apprentissage permet d’accéder plus rapidement à l’emploi. Ce bénéfice tient en partie à l’expérience professionnelle acquise en cours de formation. De ce point de vue, les scolaires avec expérience professionnelle voient leur temps d’accès à l’emploi réduit de la même façon. Mais les apprentis bénéficient également d’un « effet contact » qui traduit l’opportunité d’être directement embauché par l’entreprise formatrice.

 

Les bénéfices de l’apprentissage dépendent aussi du niveau de qualification : vitesse accrue d’accès à l’emploi pour les plus bas niveaux, stabilité d’emploi confortée pour les niveaux intermédiaires et supplément de rémunération pour les niveaux supérieurs.

 

L’avantage du passage par l’apprentissage est indéniable, mais est sensible à la conjoncture économique, comme le montre l’analyse des conditions d’insertion dans le temps. Les indicateurs sont au vert en cas de conjoncture favorable, mais quand elle s’inverse, les jeunes éprouvent d’abord plus de difficultés à trouver une entreprise d’apprentissage et sont moins souvent embauchés dans celle-ci. Le taux de maintien pour les CAP-BEP dans l’entreprise de formation est ainsi passé de 37 à 12 % entre la génération de 2004 et celle de 2010. Raison principale : dégradation de la situation économique à la fin des années 2000.

 

À la lumière de cette analyse, les auteurs soulignent certains des enjeux de la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel réaffirme la volonté des pouvoirs publics de promouvoir l’apprentissage et de favoriser son développement quantitatif. Pour garantir sa réussite, il faudrait, disent-ils, contrecarrer le caractère pro cyclique de l’apprentissage et garantir une égalité d’accès. 

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