Pénibilité : l’artisanat présente son cahier de doléances à l’Élysée.

Reçus le 28 janvier par François Hollande, le patron de la Capeb, Patrick Liébus, et son homologue de l’UPA, Pierre Crouzet, ont alerté le chef de l’État sur les difficultés du secteur. Ils demandent plusieurs assouplissements.

 

Les artisans réclament le report d’un an de la mise en œuvre des 6 derniers critères du compte pénibilité. « L’échéance du 1er juillet 2016 est trop proche pour permettre aux branches professionnelles de définir des référentiels », fait valoir Patrick Liébus. La Capeb demande au gouvernement de lui laisser la responsabilité et le temps de définir ses référentiels. Les professionnels du bâtiment souhaitent aussi l’abandon des critères liés aux gestes et postures, trop complexes à définir, selon eux, voire inapplicables par les TPE. Par ailleurs, la révision des seuils fixés pour l’exposition aux poussières de bois leur semble indispensable.

 

La question de la concurrence exercée par les travailleurs détachés est revenue sur le tapis. Les deux fédérations d’artisans attendent « un renforcement des moyens de contrôle sur le terrain ». Autrement dit, un budget dédié et des effectifs d’inspecteurs du travail en nombre, intervenant sur l’ensemble des chantiers, week-ends et jours fériés inclus.

 

Parmi les nombreux autres sujets abordés (TVA, soutien aux travaux réalisés par les particuliers, etc.), figure le thème de la qualification professionnelle. Il faut, revendiquent l’UPA et la Capeb, « maintenir l’exigence de qualifications professionnelles qui n’est en rien un frein à la création d’entreprises, comme en attestent les 350 000 entreprises artisanales du bâtiment et les 96 000 autoentrepreneurs créés depuis 2008 dans une période de crise ».
Autre doléance : il faudrait « enclencher des mesures qui s’inscrivent dans la durée pour une baisse pérenne du coût du travail, encore trop élevé. Ce n’est pas grâce au versement d’une prime limitée dans le temps que nos entreprises seront réellement en mesure d’embaucher » considère le duo Patrick Liébus-Pierre Crouzet.