Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, fait sa rentrée en librairie

Syndiquez-vous ! C’est, en forme de slogan (ou de réclame), le titre du nouveau livre de Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT,  paru ce 22 août au Cherche-midi. C’est un recueil d’entretiens avec  Claude Sérillon, ex-star des journaux télévisés du service public, passé par l’équipe de communication de François Hollande. Le duo indique que les échanges ont été enregistrés à Paris en avril dernier, donc en pleine crise des Gilets jaunes, période de doute pour le syndicalisme.  

 

Laurent Berger invite à rejoindre les rangs du syndicalisme, mais dit ne pas vouloir théoriser sur le militantisme.   Il se contente d’apporter « un témoignage humain, des faits, avec la conviction que nous avons chacun la possibilité de faire bouger les choses de la vie vers plus de justice ».  Et ça commence fort :  avec des citations de Nelson Mandela, de  Vaclav Havel et d’Albert Camus.

 

Personnellement, il n’a pas eu à faire acte de foi, il hérité du gène. « Mes parents étaient militants. Évidemment, cela aide à prendre conscience de l’intérêt de l’engagement. Nous avons vécu au gré des mouvements sociaux des chantiers de Saint-Nazaire, des aléas des résultats des élections professionnelles, avec mon père qui rentrait satisfait ou plutôt déçu. Il était délégué du personnel CFDT aux chantiers. C’était un militant de contact. Ma mère était représentante du personnel CFDT à la mairie de Saint-Nazaire, elle travaillait dans une crèche. Elle était une féministe convaincue, acharnée sur la place des femmes dans la société ».

 

En revanche, le chef de file des cédétistes a beaucoup appris, et pas à pas, à l’école du syndicalisme. Il cite notamment, la fraternité. « Quand on s’engage, on veut être avec d’autres, les connaître, découvrir leur vie. Et de ce fait naît la fraternité. C’est essentiel, ce mot de « fraternité ». Il invoque aussi l’engagement  et le sens du collectif : « De l’engagement, on apprend deux choses : d’abord, que l’on est plus intelligents à plusieurs et, ensuite, que l’on est plus forts pour soutenir des idées ». 

 

Quitte à donner de cet univers une vision vaguement idéaliste, Laurent Berger assure que le syndicalisme ne fait pas de destins individuels « quand on est syndicaliste, il faut avoir une forme d’altruisme ». Pourtant, cela n’exclut pas les luttes aussi acharnées, voire les trahisons et coups bas. Comme dans le monde politique. Certes, mais « Au sein du syndicalisme, il y a une articulation entre l’intérêt personnel et la logique d’une action collective », modère Laurent Berger qui a fait ses armes au sein de la  Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), avant de se syndiquer.  Pion pour financer ses études, il a vécu une suppression de postes. « On s’est lancés très maladroitement dans une action de grève, avec les collègues. On s’est fait convoquer par le directeur, et à ce moment-là, le militant de la CFDT est venu nous accompagner », raconte celui qui est devenu numéro un du mouvement. 

 

Syndiquez-vous ! est le troisième livre d’entretiens de Laurent Berger. En avril 2018, il avait publié aux Editions de l’aube Au boulot, fruit d’un dialogue avec le journaliste Denis Lafay. Précédemment, il a cosigné avec  les journalistes Pascal Canfin et Philippe Frémeaux , Réinventer le progrès (les Petits matins, 2016).