L’absentéisme se stabilise, selon le 12e Baromètre Ayming

Le taux global d’absentéisme se stabilise à 18,7 jours d’indisponibilité par an et par salarié en moyenne, soit un taux de 5.11 %. C’est la principale conclusion du 12e Baromètre de l’absentéisme et de l’engagement du cabinet Ayming, réalisé en partenariat avec AG2R La Mondiale et avec le concours de Kantar TNS.

 

Derrière cette stabilité apparente se cachent des nuances. L’étude révèle des variations, d’un secteur à l’autre. L’absentéisme diminue sensiblement dans les secteurs du commerce (-9 %), de l’industrie (-9 %) et de la santé (-8 %). Ces trois activités avaient connu un accroissement continu au cours des trois précédentes années. A l’inverse, on note une dégradation de 9 % dans les services qui voyaient précédemment leur taux fluctuer d’une année à l’autre. Si l’on tient compte des tranches d’âge, l’écart continue de se réduire entre les quadras et leurs cadets. L’absentéisme des salariés de 40 ans ou moins augmente de 6 % en 2019 tandis qu’il tend à diminuer à partir de 41 ans, tout en restant à un niveau plus élevé. En comparant les genres, l’écart continue de se creuser entre les femmes et les hommes. Les premières restant plus exposées aux emplois précaires et moins qualifiés, sans parler des responsabilités familiales. L’enquête indique aussi que le taux d’absentéisme des salariés à temps partiel est plus élevé et augmente. Il passe de 5,60 à 5,85 % en 2019, contre 4,58 % pour les full time.

 

L’état de santé reste la première cause d’absence, viennent ensuite les facteurs professionnels.pour les absences supérieures à 3 mois, la proportion des facteurs professionnels (AT/MP et épuisement professionnel) augmente significativement. L’étude Ayming-Kantar TNS 2020 s’est intéressée à la dynamique qui se met en place au sein d’une entreprise lorsque l’absentéisme s’y développe. Plus un salarié est absent, plus il risque de récidiver. 41 % des salariés absents en 2019 se sont absentés plus d’une fois. En outre, les arrêts supérieurs à trois mois sont souvent précédés de plusieurs arrêts de plus courte durée. Ayming souligne que « le retour suite à absence est un moment crucial pour éviter de nouvelles absences ». Pour preuve, l’an dernier, 19 % des salariés se sont absentés une nouvelle fois en raison d’une mauvaise réintégration.     Ce pourcentage passe à 46 % pour les salariés ayant été absents plus de trois mois.

 

L’effet boule de neige est avéré. Plus il y a d’absences dans une équipe, plus ces absences risquent de se propager. Dans les équipes où les absences sont régulières, deux fois plus de salariés se sont absentés ou y ont pensé que dans les équipes où ces absences sont moindres (25 % contre 11 %). Une des causes possibles est l’impact négatif de ces absences sur les présents qui expriment avoir davantage de charge de travail et est être plus fatigués.Face à l’absentéisme, les entreprises se mobilisent. Ainsi, 16 % des répondants déclarent avoir évité une absence grâce aux actions mises en œuvre par leur entreprise. Néanmoins, près de la moitié des absents estiment qu’ils auraient pu éviter l’indisponibilité grâce à un aménagement des horaires ou du poste. La crise sanitaire pourrait être l’occasion de changer la donne. Christophe Godefroy, directeur de l’activité RH chez Ayming confirme : « La crise sanitaire que nous vivons a obligé les entreprises et les salariés à s’adapter à de nouvelles modalités de travail. Les managers ont pour une partie d’entre eux, renforcé le lien individuel avec leurs collaborateurs et pris régulièrement de leurs nouvelles. » Pour Philippe Dabat, directeur de l’activité assurances de personnes chez AG2R La Mondiale (photo), « Favoriser le bien-être et l’épanouissement de ses salariés est un facteur clef de succès pour chaque entreprise, tant sur le plan humain qu‘économique, et cela quelle que soit la taille de celle-ci. La crise sanitaire, avec pour conséquence le très fort développement du télétravail et du management à distance, rend encore plus indispensable pour chaque chef d’entreprise et manager de mieux comprendre en détail les causes de l’absentéisme de ses salariés »