Le bruit au travail, un fléau largement sous-estimé

Au boulot, le bruit ne sévit pas seulement en usine et sur les chantiers de BTP. Il sévit aussi dans le tertiaire, où près de huit actifs sur dix se disent gênés. Une association organise la première Semaine de la santé auditive au travail. 

Selon un sondage de l’Ifop pour l’association JNA , à l’initiative de la première Semaine de la santé auditive au travail, ( 24 au 28 octobre prochain), 79 % des Français déclarent rencontrer des difficultés à suivre des conversations au travail à cause du bruit. Si la gêne sonore est couramment associée aux secteurs du BTP et de la métallurgie, le tertiaire n’est pas épargné. Près de huit salariés sur dix travaillant dans un bureau sont aussi impactés. Les conséquences sur la santé sont nombreuses. La plus grave, la surdité professionnelle n’est pas totalement connue. Son coût serait de 100 000 € par salarié touché. Cette estimation du coût public ne prend pas en compte les coûts générés par l’absence pour maladie professionnelle au sein de l’entreprise et les dysfonctionnements associés.

 

Moins connue, la fatigue auditive fait des ravages insidieux. Elle correspond à un déficit temporaire de l’audition qui va se caractériser par la sensibilité limitée dans le temps. Une exposition sonore continue au delà des seuils règlementaires de 80 dB pendant 8 heures peut générer une fatigue auditive, qui, au fur et à mesure de son installation, peut engendrer une usure prématurée des cellules sensorielles de l’oreille.

Les effets du bruit ne se limitent pas à l’appareil auditif, ni aux voies nerveuses et aux aires cérébrales spécifiques de l’audition. Du fait des interconnexions de toutes les voies nerveuses entre elles, les messages nerveux d’origine acoustique atteignent, de façon secondaire, d’autres centres nerveux et provoquent ainsi des réactions marquées au niveau d’autres fonctions biologiques ou d’autres systèmes physiologiques. Le coût social du Bruit a été estimé par le Conseil national du bruit à 57 Mds€.