Le chômage des jeunes, un fléau partagé au sein de l’OCDE

Plus de 35 millions de jeunes âgés de 16 à 29 ans dans les pays de l’OCDE n’ont pas d’emploi et ne suivent ni études ni formation. On les appelle les NEET (pour neither in employment nor in education or training). Dans l’ensemble, les jeunes ont deux fois plus de risques de se retrouver sans emploi que la tranche d’âge supérieure. Les gouvernements doivent faire davantage pour les aider à débuter leur vie active dans de bonnes conditions et à trouver un emploi, selon un nouveau rapport de l’organisation.

 

L’édition 2015 des Perspectives de l’OCDE sur les compétences est formelle : près de la moitié des NEET de la zone ne sont même pas à la recherche d’un emploi et pourraient bien avoir disparu des écrans radars nationaux, que ce soient ceux du système éducatif, du système social ou des institutions du marché du travail. « Traiter ce problème n’est pas seulement un impératif moral, il s’agit également d’une nécessité économique . Trop de jeunes quittent le système éducatif sans avoir acquis les compétences idoines ou, quand bien même ils les ont acquises, ne sont pas en mesure de les mettre à profit. Leur avenir est souvent sombre, aussi ont-ils besoin de tout notre soutien », alerte le secrétaire général, Angel Gurría.

 

Environ 10 % des jeunes sortis du système scolaire avec un diplôme ont un faible niveau de compétence en lettres et 14 % ont des difficultés en mathématique. Plus de 40 % de ceux qui ont quitté l’école avant la fin du deuxième cycle du secondaire ont des compétences médiocres dans ces deux domaines.

 

À cela s’ajoute que le problème de la concordance entre éducation et milieu de travail. Les deux univers restent trop souvent étrangers l’un à l’autre. Dans les 22 pays et régions de la zone OCDE couverts par l’enquête, moins de la moitié des étudiants qui suivent une filière  professionnelle bénéficient, d’un apprentissage fondé sur la pratique en entreprise, quelles qu’en soient les modalités. Ce ratio passe sous la barre des 40 % dans l’enseignement général. Même les jeunes dotés de solides compétences ont du mal à trouver un travail. De nombreuses entreprises jugent en effet trop onéreux de recruter quelqu’un qui est dépourvu d’expérience professionnelle.

 

Les jeunes peuvent aussi se heurter à des obstacles institutionnels qui entravent le développement de leurs compétences. Ainsi, lorsqu’ils ont un job, un quart des actifs de cette tranche d’âge ne bénéficient que d’un contrat précaire, sous qualifié par rapport à leurs compétences. Résultat : ils n’ont pas autant d’opportunités de se former que les travailleurs disposant d’un emploi permanent.