Le coût insoupçonné de la conflictualité interpersonnelle au travail

Les petites tensions et les confrontations plus musclées qui se déroulent au quotidien dans les entreprises coûtent aux employeurs l’équivalent d’un mois de travail par an, soit plus de 152 Mds€ par an.

 

 L’évaluation émane du premier Observatoire du Coût des Conflits au travail réalisé par OpinionWay  en collaboration avec All  Leaders  Initiative etle cabinet  de conseil en stratégie RH Topics.  D’après le sondage mené en ligne entre le 2  et 20  septembre dernier auprès d’un échantillon national représentatif de 974 salariés du public et du privé, deux salariés sur trois disent être couramment confrontés à la conflictualité interpersonnelle au travail. Ils évaluent le temps passé à régler ces situations de conflit estimé à 3 heures par semaine en moyenne, soit 20 jours par an et par collaborateur.

 

« Avec cet Observatoire, nous avons souhaité qualifier l’expérience des conflits, avec ses causes et ses effets et aussi mettre en lumière l’articulation de cette conflictualité avec les caractéristiques à la fois de performance et de sécurité psychologique de l’environnement de travail », complète Pierre-Etienne Bost, cofondateur d’All Leaders Initiative et instigateur du projet.

 

L’étude révèle qu’un environnement empreint de sécurité psychologique permet une gestion des inévitables conflits beaucoup plus saine, avec moins de conséquences délétères aux niveaux individuel et collectif, qu’il s’agisse de désengagement ou démotivation, d’évitement, voire d’absentéisme. 

 

On peut ainsi parler de gisements de coûts cachés et de leviers de profitabilité considérables quand on observe les différences entre populations plus ou moins à même de gérer la conflictualité inhérente à toute collaboration : traduit en coût salarial moyen, le temps passé à composer avec les situations de conflit équivaut à plus de 10 milliards d’euros chaque mois.  

 

 

 

Avec cet Observatoire, OpinionWay, All Leaders  Initiative et Topics  souhaitent proposer non seulement une mesure nationale mais aussi en complément un dispositif de mesure spécifique à chaque entreprise qui souhaite explorer la situation au  sein  de sa propre structure, ainsi qu’un accompagnement personnalisé.

 

Selon Bruno  Mettling, président fondateur de Topics, cabinet de conseil associé au projet, « à l’heure où se réinventent les organisations du travail et les modes de fonctionnement, il serait préjudiciable de ne pas intégrer cette réflexion, alors qu’on constate à  travers  cette étude que seuls 5% des salariés ressentent un très fort sentiment de sécurité psychologique »