Le dilemme des structures d’insertion par l’activité économique

Faut-il donner leurs chances aux personnes les plus en difficulté, dont certaines cumulent les difficultés, ou privilégier l’activité économique, quitte à n’accompagner que des publics moins éloignés du marché du travail ? Pas facile pour les entreprises d’insertion de trancher.

Dans une étude que publie la Dares, Dominique Rémy se penche sur les stratégies des structures d’insertion par l’activité économique (SIAE), appelées à composer avec la réalité du marché, tout en poursuivant un objectif social. Elle constate que c’est une question de priorité. « Les arbitrages entre embauche de publics en difficulté, activité productive et insertion dans l’environnement économique diffèrent selon les structures », constate-t-elle.

 

Certains acteurs privilégient un accompagnement de qualité à destination de salariés cumulant les difficultés sociales et professionnelles et sont confrontés à des difficultés de financement malgré de bonnes relations avec le service public de l’emploi et les autres intervenants de la même sphère. D’autres favorisent l’activité en accueillant des personnes moins éloignées du marché du travail auxquelles elles proposent un accompagnement moins resserré ce qui leur permet de rencontrer moins de difficultés financières. En revanche, cela les conduit à être « moins convaincues de leur capacité à aider leurs salariés à résoudre leurs difficultés ». Une troisième catégorie de structures plus anciennes, mise sur la certification de leur accompagnement, source de crédibilité et d’ancrage durable dans leur environnement.

 

On estime à environ 3800 le nombre de structures. Elles comptent près de 129 000 personnes, soit 65 500 équivalents temps plein.  Parmi les SIAE, on dénombre les associations intermédiaires , les entreprises d’insertion, les entreprises de travail temporaire d’insertion et les ateliers et chantiers d’insertion. Ils obéissent à des réglementations et des contraintes différentes, en matière de recrutement. Leurs relations avec l’État et le service public de l’emploi ne sont pas les mêmes.

 

Les publics couverts sont des personnes exclues du monde du travail: bénéficiaires de minima sociaux, chômeurs de très longue durée, seniors en difficulté, femmes isolées, jeunes en difficulté y compris ceux suivis dans le cadre de la Garantie jeunes, personnes sous main de justice. La plupart d’entre eux ont un bas niveau de qualification, des parcours chaotiques, font face à des difficultés familiales, sociales. Certains ont des ennuis de santé ou un handicap. Il n’est pas rare que ces fragilités se cumulent.