Le management de transition a le vent en poupe

En s’appuyant sur les résultats successifs du baromètre qu’il a institué en 2012, la Fédération nationale du management de transition (FNMT) fait un bilan de l’évolution du secteur depuis cinq ans. Conclusion : le management de transition est une activité dynamique qui se diversifie.

 

Les cabinets qui dénichent des cadres de choc pour le compte des entreprises ont le vent en poupe. Leur chiffre d’affaires a doublé en cinq ans. Il a encore progressé de 23 % sur l’année 2016 — 2015, en tenant compte des affaires en cours et des nouveaux dossiers. Les besoins des entreprises utilisatrices concernent en premier lieu la conduite du changement et la gestion de projet en 2016, ces deux items représentaient respectivement 61 % et 32 % des missions. Sur la période analysée, ils sont en hausse de six points, et ce n’est près de changer. À l’inverse, le management relais, autrement dit les missions de gestion courante tendent à baisser. Elles comptaient pour 22 % des dossiers traités en 2016 contre 25 % en 2012. Il en est de même pour la gestion de crise et pour le management du retournement (14 % en 2016, au lieu de 16 % en 2012).

 

Les entreprises de taille intermédiaires et les grands groupes restent les principaux utilisateurs. D’un point de vue sectoriel, l’industrie est le premier secteur demandeur, totalisant plus de la moitié du business, soit 54 % des missions en 2016, une proportion stable sur les 5 dernières années. Elle devance de loin les services qui subissent une érosion régulière, tout en comptant pour 22 % des contrats conclus l’an dernier.

 

Au palmarès des fonctions, les directeurs administratifs et financiers restent en première position, mais leur part se stabilise après une période de lente érosion, autour de 21 %. De même, les postes de PDG et de DG qui pèsent de moins en moins dans le portefeuille global, tombant à 12 %. Le baromètre constate que les missions RH fluctuent entre 17 % et 20 % sur la période, le marketing et le commercial atteignent à 8 %, ex æquo avec les systèmes d’information tandis que les achats stagnent à 7 %.

 

Le portrait-robot du manager de transition est celui d’un homme âgé de 50 à 59 ans, les femmes prenant en charge 26 % des missions, et les quadras 25 %. La jeunesse n’est pas un atout, seules deux missions sur cent sont confiées à des cadres de moins de 39 ans. À l‘inverse, les plus de 60 ans gardent toutes leurs chances, ils interviennent pour plus d’une mission sur six.

 

La durée moyenne d’une mission atteint 7 mois en 2016, confirmant une tendance qui situe cette durée entre 6,5 et 7 mois depuis 2012.

 

Jean-Pierre Lacroix, président de la FNMT, replace ces données dans leur contexte : « À travers ce baromètre, nous n’avons pas vocation à expliquer l’évolution de notre marché — personne aujourd’hui ne dispose de chiffres globaux —, mais celle de nos adhérents ».