Le marché de l’emploi se redresse mais la croissance des salaires reste atone, note l’OCDE

Le rétablissement du marché du travail se poursuit et l’emploi devrait rejoindre son niveau d’avant la crise en 2017. Néanmoins, la croissance des salaires reste faible, souloigne l’OCDE.

En présentant ce matin le rapport «Perspectives de l’emploi 2016 » del’organisation, son secrétaire général de l’OCDE,  Angel Gurría, a été catégorique : « Le redressement du marché de l’emploi n’est qu’à moitié achevé car les salaires restent à la traîne . Il insiste :  « Les pouvoirs publics doivent prendre des mesures globales et ambitieuses pour relancer les gains de productivité et la croissance des salaires, et pour lutter contre le creusement des inégalités sur le marché du travail ».

 

 À la fin de l’année prochaine, la proportion des actifs de 15 ans à 74 ans occupant un emploi s’élèvera à 61 % dans la zone OCDE, ce qui est légèrement supérieur au niveau enregistré fin 2007. Dans plusieurs pays,  notamment l’Allemagne,  le taux d’emploi a déjà dépassé son niveau d’avant la crise. Toutefois, dans certains Etats européens, le déficit d’emplois par rapport à fin 2007 reste important. C’est le cas en Espagne, en Grèce et en Irlande (à 8.5, 9 et 7.9 points de pourcentage respectivement).

 

 La croissance des salaires reste atone dans de nombreux pays. Les gains de productivité stagnent depuis ces dernières années et parmi les travailleurs qui ont perdu leur emploi dans l’industrie manufacturière ou la construction pendant la crise, nombreux sont ceux qui ont retrouvé, dans le secteur des services, des emplois faiblement rémunérés qui ne correspondent pas à leurs compétences.

 

 Pendant la crise, les salaires réels ont fortement chuté en Espagne, en Grèce, en Irlande, au Japon, au Portugal, et dans les États baltes. Si l’on compare la croissance des salaires réels entre 2000 et 2007 à celle enregistrée sur la période 2008-2015, on constate aussi un net ralentissement dans plusieurs autres pays, comme l’Estonie, la Lettonie, la République tchèque et le Royaume-Uni. En 2015, les salaires horaires réels dans ces pays étaient inférieurs de plus de 25 % au niveau qu’ils auraient atteint si la croissance des salaires s’était poursuivie au même rythme qu’en 2000-2007. En Grèce, en Hongrie et en Irlande, ce retard dépassait 20 %.