Le nombre de détachements va augmenter de moitié, selon une étude de PricewaterhouseCoopers

D’après les prévisions du cabinet d’audit et de conseil PwC intitulée « Modern Mobility », les entreprises dépensent chaque année des millions d’euros pour le détachement de leurs collaborateurs à l’étranger, mais ne parviennent pas à en quantifier le coût ni à évaluer le retour sur investissement. Ainsi, près de six organisations sur dix estiment que leurs programmes de mobilité ne sont actuellement pas rentables.

Selon Pascale Jouble, avocate associée chez Landwell & Associé, une entité de PwC, spécialisée dans la mobilité internationale, « le nombre de détachements à l’étranger augmentera de 50 % d’ici 2020, et neuf organisations sur dix déclarent qu’elles souhaitent accroître la proportion de collaborateurs en mobilité à l’international au cours des deux prochaines années ».

En moyenne, chaque année, 12,2 % de l’effectif total d’une entreprise est en mobilité internationale, dont 1,6 % en détachement international formel. Pourtant, seules 8 % des entreprises internationales sont en mesure de chiffrer avec précision le coût de leurs programmes de mobilité, et elles ne sont que 9 % à savoir en évaluer le retour sur investissement. »

L’étude réalisée auprès d’environ 200 responsables de la mobilité dans le monde, fait ressortir que de trop nombreuses équipes RH ne disposent pas des informations, des capacités d’investissement et des infrastructures nécessaires pour répondre à l’évolution des besoins de l’entreprise et gérer le nombre croissant de collaborateurs détachés à l’étranger. Pire, elle révèle que trois organisations sur dix ne connaissent même pas précisément la part de leur effectif travaillant à l’étranger chaque année.

Si la proportion de personnes détachées à l’étranger va vraisemblablement s’accroître, la nature de ces détachements va également évoluer, constate le cabinet.

La principale évolution concernera la part de salariés détachés pour des missions de courte durée : elle devrait doubler (58 %), selon les participants à l’enquête. Les entreprises ont de plus en plus recours à ce type de mission (d’une durée allant jusqu’à un an) pour déployer rapidement sur le terrain les personnes disposant des compétences adéquates dans le cadre de la mise en œuvre de projets déterminés, et pour former des salariés à haut potentiel.

Le nombre de voyageurs d’affaires devrait également augmenter dans les mêmes proportions (57 % nets), mais cela n’est pas sans risques : il s’agit du type de mobilité le plus difficile à accompagner. Seules 17 % des organisations déclarent disposer d’un arsenal solide de politiques, procédures et contrôles permettant d’assurer le respect des obligations fiscales, réglementaires et relatives à l’immigration concernant les voyageurs d’affaires.

L’étude prévoit en outre l’essor de nouvelles formes de mobilité, comme les échanges de talents d’un pays à l’autre. Plus d’une organisation sur cinq a l’intention de mettre en place cette pratique dans les deux ans à venir.

Pascale Jouble précise : « Les traditionnelles missions de longue durée existent toujours, mais les organisations font preuve de beaucoup plus de créativité et de flexibilité quant au type de détachement international qu’elles proposent à leurs collaborateurs. Nous n’évoluons plus dans un monde où les déplacements s’effectuent principalement de l’Ouest vers l’Est, et la mobilité internationale ne se résume plus à un moyen d’affecter de la main-d’œuvre à des projets. Les organisations l’utilisent aujourd’hui pour se différencier sur le marché, attirer et former les meilleurs talents, et faire émerger de futurs dirigeants qui intègrent réellement la dimension internationale dans leur mode de fonctionnement »