Le président de la CFTC défend dans un livre le social 3.0

Dans un ouvrage intitulé Vive le social 3.0 et qui paraît aux édition Salvator, le président de la CFTC défend le principe d’un contrat social moderne. Lequel suppose un statut de l’actif, un droit social attaché à tout travail, un dialogue social tonique, une nouvelle approche de l’entreprise, ainsi que le respect de la dignité humaine et de l’environnement.

Le président de la CFTC révèle dans ce livre une facette peu connue de son parcours professionnel. Ancien cheminot , adhérent à la CFTC depuis 1979, il a d’abord été militant syndical à la SNCF, qu’il a quittée pour créer sa propre entreprise. La PME spécialisée dans le modélisme (avions voitures et bateaux) implantée à la périphérie de Strasbourg, lancée en 1989, a tenu quelques temps, avant que le petit patron jette l’éponge. Il était prêt à tenter une nouvelle aventure d’entrepreneur, en tant patron d’auto-école, non sans avoir décroché un diplôme de moniteur. Il ne franchira pas ce cap. L’Union départementale CFTC du Bas-Rhin (UD67) lui propose un job de permanent syndical, qu’il accepte. Cette vocation ne le quittera plus. En 2008, il est lu secrétaire général, avant d’endosser les habits de président en 2011.

Réélu en 2015, Philippe Louis défend depuis plusieurs années une vision moderne du syndicalisme qui ferait de la révolution numérique un atout. A condition que des droits nouveaux y soient attachés. « Nous devons construire un nouveau contrat social sans nier ni subir les changements, mais en anticipant les conséquences pour un monde meilleur ». Le leader syndical n’élude pas les difficultés, mais se veut optimiste : « le pire peut arriver, mais il n’arrivera pas si nous nous mobilisons ». Face à la diversification des formes de travail, il propose un statut de l’actif , protecteur pour tous. Cela suppose que des droits sociaux soient attachés à tout travail qu’en retour, tout actif contribue au financement de la protection sociale. Le modèle social 3,0 que prône Philippe Louis passe également par « une nouvelle approche de l’entreprise », vue comme un « carrefour de compétences » et non comme un terrain d’affrontement des pouvoirs. Il appelle aussi de ses vœux un dialogue social permanent, le respect de la dignité humaine et de l’environnement. C’est possible. Ce ne serait, assure le patron de la CFTC, qu’ une question de « changement progressif des mentalités ».