Le salaire, un sujet de mécontentement qui monte parmi les cadres

Ce n’est pas un hasard si les cadres sont de plus en plus nombreux à participer aux mouvements sociaux relatifs aux salaires comme c’est le cas chez Thales, EDF, ou Air France. Longtemps focalisés sur l’intérêt de leurs missions, les managers déchantent. Trop de modération salariale, trop de matraquage fiscal. Désormais, pour eux, la rémunération passe au premier plan. Le dernier sondage Cadremploi le confirme.

Selon l’étude de Cadremploi ,  plus de 70 % des cadres interrogés se disent insatisfaits de leur rémunération, les  femmes étant les plus mécontentes, avec un ratio 76 %. Les jeunes de 26 ans à 35 ans représentent aussi une catégorie particulièrement déçue par sa rétribution : 78 % préféreraient une fiche de paie plus valorisante.  

 

Lorsqu’ils sont interrogés sur les raisons de leur insatisfaction, 54 % des cadres estiment que leur émoluments ne correspondent pas à leur investissement dans l’entreprise. L’étude souligne par ailleurs que près d’un tiers des femmes interrogées (28 %) se considèrent comme victimes d’iniquité salariale. Elles sont 21,5 % à déclarer que leur paie est plus faible que celui de leurs homologues. 

 

Plus d’un cadre sur deux a fait ou va faire une demande d’augmentation de salaire cette année (54 %). C’est notamment le cas des collaborateurs des entreprises de plus de 2000 salariés (60 %). Pour les 41.5 % n’ayant pas formulé ce souhait, ce sont essentiellement des raisons liées à la mobilité qui sont invoquées : 33,5 % d’entre eux sont arrivés récemment dans leur entreprise et 18,5 % prévoient au contraire de la quitter prochainement.

 

Le contexte économique est également exprimé par certains cadres, puisque    16 % d’entre eux n’ont fait aucune demande sachant que les augmentations étaient gelées pour l’année. Ce dernier point est particulièrement saillant chez les cadres de PME, qui sont 44 % à ne pas avoir demandé de revalorisation salariale.

 

 

Le pouvoir d’achat reste un enjeu prioritaire pour les cadres, puisque pour 53 % d’entre eux, seule une prime pourrait venir pallier une absence ou une faible  augmentation. Cette tendance est particulièrement forte chez les femmes (57 %), qui peuvent y voir une possibilité de briser leur plafond de verre, ou encore chez les 26-35 ans (58 %), généralement en début de carrière, impliquant donc pour certains une épargne encore inexistante ou assez mince.

 

Les avantages en nature tels que les ordinateurs ou les téléphones sont en revanche cités par seulement 26,5 % d’entre eux, tout comme la reconnaissance (24,5 %), les actions de formation (21,5 %) ou encore une date de renégociation salariale dans l’année (21 %).

 

Des efforts restent à fournir par les entreprises quant à leur process de demande de revalorisation salariale. Corrélée généralement aux traditionnels entretiens individuels annuels, cette procédure semble être assez mal vécue par une majorité de cadres.

 

Interrogés sur les termes qui décrivent selon eux le mieux ce process, 57 % d’entre eux évoquent en effet un sentiment d’injustice et 51 % une certaine opacité qui entoure les prises de décisions de la hiérarchie, pouvant parfois impliquer une certaine défiance envers les managers. Sa complexité et sa longueur quant aux retours sur les demandes sont également pointées du doigt par respectivement 49,5 % et 44 % des cadres.