Le télétravail n’efface pas les risques psychosociaux (étude ADP)

La montée en puissance du télétravail pour cause de coronavirus reste sans effet sur les risques psychosociaux, montre une étude d’ ADP Research Institute. Les victimes ont toujours du mal à exprimer leur mal-être.

Les efforts pour contenir la pandémie du Coronavirus risquent d’aggraver les problèmes de stress constatés dans l’étude. L’inquiétude liée à la sécurité de l’emploi s’accroît, bon nombre de salariés souffrent d’une surcharge de travail et d’un manque de moyens. Facteur aggravant, le stress sur le lieu de travail augmente. Près de deux tiers des salariés (66 %) se sentent stressés au travail au moins une fois par semaine. À l’inverse, seulement un sur dix affirme ne jamais l’être.

 

Les Français sont toutefois moins exposés aux risques psychosociaux que leurs voisins européens, d’après l’enquête. 76 % des Allemands, 68 % des Anglais et des Italiens, et même jusqu’à 7 Suisses sur 10 se sentent stressés au moins une fois par semaine, contre 55 % des Français.

 

En France notamment, 29 % pourraient en discuter avec des amis ou des collègues proches. À peine 15 % des répondants déclarent qu’ils oseraient évoquer un problème de santé ou une préoccupation liée à leur bien-être avec leur responsable hiérarchique ou leur manager. Seuls 9 % sont prêts à en informer la direction des ressources humaines. L’explication est simple : de nombreuses organisations ne disposent pas d’outils adaptés pour libérer la parole des salariés ni pour accompagner.

 

Les jeunes générations seraient apparemment plus à l’aise que leurs aînés pour évoquer leurs difficultés. Parmi les personnes âgées de 18 à 34 ans en Europe, 82 % se disent prêtes à soulever un problème de bien-être au travail s’il se présentait, contre 69 % des plus de 55 ans.  Carlos Fontelas De Carvalho, président d’ADP en France et en Suisse observe que « malgré plusieurs tentatives d’employeurs de s’attaquer à ces tabous, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’avoir des conversations ouvertes sur le sujet. Échanger sur sa santé au travail demeure en effet difficile, soit par crainte que cela ne nuise à sa carrière, soit en raison de sensibilités culturelles. Les équipes RH ont un rôle majeur à jouer pour lever les obstacles afin que les salariés se sentent suffisamment soutenus pour oser parler de leurs problèmes. »