Le travail avec les plateformes numériques peut être compatible avec le dialogue social

Un livre issu de réflexions menées au sein du think tank #Leplus important et du réseau Sharers & Workers, invite à découvrir des pistes de transformation et d’humanisation du modèle inventé par les plateformes numérique.

 

Sous la direction du philosophe Florian Forestier, conservateur à la BNF, paraît au Éditions du faubourg, un ouvrage intitulé « Désubériser, reprendre le contrôle. Cosigné par Franck Bonot, spécialiste du dialogue social dans le secteur des VTC, Mathias Dufour, qui pilote le thin tank #Leplusimportant, rejoints par l’économiste Odile Chagny, cet essai explore des pistes pour parvenir à  concilier protection des travailleurs des plateformes numériques et efficacité économique, « sans avoir à privilégier l’une au détriment de l’autre ». Cette quête a été entreprise précédemment par différentes institutions, de l’Igas à la Commission européenne, en passant par le Sénat. Après avoir présenté les démarches déjà initiées, plus ou moins suivi d’effet et évoqué les nombreux conflits judiciaires qui émaillent la jeune histoire de ce mode d’activité professionnelle, les auteurs posent quelques préalables. « Commençons par donner aux travailleurs des plateformes la capacité de négocier leurs conditions de travail» , y compris collectivement. 

 

Ensuite, la portabilité des données personnelles et la transparence des algorithmes devraient être garanties . En troisième lieu, appel est fait à la responsabilité sociale des opérateurs concernés , afin qu’elles assurent à leurs partenaires « un minimum vital décent «  la sécurité et la santé de ces indépendants doivent être également assurée, ce qui revient à en finir avec les journéesde 14 heures. Last but not least, les plateformes pourraient ou devraient devenir des acteurs de l’insertion professionnelle assurant formation et même mobilité.

Ce qui est proposé dans ce livre, ce n’est pas seulement une liste de droits, mais nouveau mode de fonctionnement et un type de relations modernisé entre les plateformes et les travailleurs,  « genérateur de richesses ». Les plateformes pourraient même devenir un terrain d’expérimentation de nouveaux droits sociaux. Les auteurs font le pari que la première génération de plateformes, rudimentaire dans son fonctionnement, laisse la place à un modèle plus élaboré, plus humain et plus intégrateur. Son statut pourrait ne pas être exclusivement celle de la société brutalement capitalistique. Sociétés coopératives et même sociétés mixtes pourraient s’inviter dans le paysage, ouvrant grandement la porte au dialogue social et la participation d’acteurs pas forcément intéressés par l’exploitation de personnes privées d’emploi. Rien d’angélique, mais une invitation à visiter les champs du possible.