L’enquête Discrimination à l’embauche selon l’origine confirme des dérives

La Dares et ISM Corum, cabinet expert en testings, publient les résultats de l’enquête, « Discrimination à l’embauche selon l’origine : que nous apprend le testing auprès de grandes entreprises ? ». Ils montrent  une tendance à privilégier les candidats portant des prénoms et supposés sans ascendance migratoire.

Les résultats globaux de ce testing qui a porté sur les recrutements d’une quarantaine de grandes entreprises montrent une tendance à privilégier les candidatures portant des prénoms et noms à consonance  hexagonale et ce, avec un écart significatif de 11 points (respectivement 47 et 36% de réponses favorables). “L’inégalité de traitement selon  l’origine supposée  du candidat se présente comme une tendance de fond puisqu’elle se retrouve pour les hommes comme pour les femmes et dans l’accès à des postes d’employés comme de managers”, indique le ministère du Travail.

 

Les résultats par entreprise sont plus contrastés. Si l’égalité de traitement a été le plus souvent appliquée par une majorité des 40 entreprises testées, les résultats de 12 d’entre elles présentent des écarts en défaveur des candidatures maghrébines qui peuvent aller jusqu’à 35 points. Chaque direction des 40 entreprises ayant fait l’objet de l’enquête a été reçue au ministère du Travail. Lequel leur a demandé de lui adresser les actions déjà entreprises pour garantir des procédures de recrutement non discriminatoires, et pour celles où un risque significatif de discrimination a pu être décelé, de présenter un plan d’action conséquent visant à corriger leurs pratiques. Après examen des dispositifs par un organisme compétent, début 2017, des mesures correctives jugées insuffisantes exposeraient l’employeur concerné au name and shame. “Je serai particulièrement attentive à la pertinence des actions correctives qui seront proposées et j’assumerai mes responsabilités si ces dernières s’avèrent insuffisantes. Les discriminations à l’embauche sont prohibées par la loi. Elles constituent une faute morale inacceptable et une absurdité économique”, souligne la ministre, Myriam El Khomri.

 

Cette opération d’une ampleur inédite en France et réalisée en parallèle dans les fonctions publiques s’inscrit dans le cadre d’un plan plus vaste visant à lutter contre les discriminations à l’embauche.Elle sera renouvelée tous les ans.