L’épargne salariale , appréciée, gagne encore du terrain

Selon le 4ème Baromètre annuel du Club de l’épargne salariale réalisé en lien avec Harris Interactive, près de la moitié des actifs, soit 47%, déclare disposer d’une épargne salariale, contre 33 % quatre ans plus tôt.

 

  Ils sont une majorité à considérer que l’épargne salariale devrait davantage permettre le partage des profits, ils attendent donc beaucoup de la prochaine réforme de l’épargne salariale. Celle-ci devient un vrai projet social, pouvant contribuer au financement des retraites.  En revanche, la perspective de dédier une part croissante de cette manne au financement des entreprises les enchante peu. Ils ne sont que 11% à adhérer à ce principe.

 

 Si l’épargne salariale est avant tout destinée à compléter la retraite, elle constitue également une épargne de précaution. Pour preuve, à la question : « à quoi destinez-vous votre épargne salariale ? », 54 % répondent que, c’est un complément de revenus pour la retraite. Tandis que 42 % y voient l’occasion de constituer un matelas pour faire face à des dépenses imprévues. Les autres usages prévues sont : la prise en charge grosses dépenses (38 % des sondés), l’acquisition de la résidence principale ( 22 % ) et la prévention des risques liés à la dépendance pour 14 %.?

 

 L’épargne salariale représente un capital courant pour 2 détenteurs sur 10 qui y puisent pour faire face aux dépenses courantes et pour payer leurs impôts. Pour les salariés qui épargnent pour leur retraite, les placements financiers externes à l’entreprise constituent le premier investissement pour la retraite : PEA, livret, assurance-vie, actions ( 62 %). Viennent ensuite les produits d’épargne d’entreprise comme le PEE et le PERCO, Article 83 ( 46%). les personnes interrogées citent, dans une moindre mesure, biens immobiliers.

 

 Deux résultats vont dans le sens d’une augmentation du poids de l’épargne salariale dans la préparation de la retraite : son augmentation significative depuis 2013 et le fait que pour les bénéficiaires, cette passe nettement en tête des moyens de financement de la retraite.L’un des enseignements essentiels de cette enquête montre que le fait de disposer d’une épargne salariale représente toujours pour les salariés un levier d’engagement et de prescription forts vis-à-vis de leur entreprise, notamment sur le plan RSE. Les trois quarts des s personnes interrogées considèrent qu’elle donne l’image d’une entreprise qui s’occupe bien de ses salariés. La même proportion estime qu’elle donne l’image d’une entreprise socialement responsable.

 

Toutefois, le Baromètre fait ressortir un problème de méconnaissance des dispositifs d’épargne salariale. Ce qui nécessite un effort de communication et de conseil, y compris parmi les salariés qui en disposent. Seuls 69 % disent avoir une bonne connaissance des différents dispositifs mis à leur disposition dans leur entreprise. Dans ce contexte de méconnaissance, si les salariés appréhendent à peu près correctement les perspectives de rendement et de risque sur les actions, obligations et fonds monétaires, ils sont près d’un sur deux à ne pas se prononcer sur les placements monétaires, les proportions sont de près d’un sur 3 pour les obligations et près de deux sur dix pour les actions.

 

 

Du point de vue des salariés, les axes de progrès qui pourraient être apportés aux dispositifs d’épargne salariale dans les entreprises françaises vont en priorité vers un assouplissement des conditions de déblocage pour 56 % des bénéficiaires, une simplification des dispositifs d’épargne salariale pour 45 % d’entre eux, mais aussi vers plus d’interactivité en termes de conseils, de formation et d’informations pour les aider à bien gérer leur épargne salariale pour 41 %. Pour 34 %, des incitations pour pousser les salariés à investir leur épargne dans leur future retraite et pour 28 % une plus grande transparence de la part des sociétés de gestion pour informer les salariés sur les placements effectués avec leur épargne.Une autre piste de progrès va vers l’obligation pour les sociétés de gestion d’investir une partie des sommes en provenance de l’épargne salariale dans des investissements responsables.

 

Alors que le gouvernement a annoncé préparer un projet de Loi qui s’appuiera en partie sur les propositions que vient de publier le COPIESAS, Henri Alline, Président du Club de l’Epargne Salariale, précise que les propositions du COPIESAS ont été bien accueillies par les entreprises membres. Ces derniers sont particulièrement favorables à l’harmonisation des modalités relatives à la participation et à l’intéressement ; à la mise en place de la gestion pilotée comme option par défaut pour le PERCO ; à la possibilité pour les Conseils de Surveillance des FCPE d’actionnariat de rendre facultative la distribution des dividendes.

En revanche, trois propositions les rebutent. Primo, ils contestent que la formule de la participation reste basée sur le bénéfice fiscal. Secundo, la formation des salariés aux dispositifs d’épargne salariale devrait rester sous la responsabilité de l’entreprise. Tertio, l’exercice des droits de vote par les conseils de surveillance poserait des problèmes pratiques et financiers qui rendraient très difficile la mise en place de cette proposition. Le Club s’est par ailleurs étonné de ne rien retrouver dans ce rapport sur une attente essentielle des entreprises, à savoir la stabilité fiscale et juridique de ces dispositifs qui étaient plus ces dernières années une variable d’ajustement économique qu’un dispositif basé long terme.