Les arrêts maladie de longue durée pénalisent les trajectoires professionnelles

Une étude la Drees (ministère de la Santé) établit un lien entre les arrêts maladie de longue durée et la dégradation du parcours professionnel.

 

Parmi les salariés du secteur privé ayant été arrêtés plus d’un mois dans l’année pour maladie, 15 % des femmes et 11 % des hommes sont au chômage ou inactifs l’année suivante. Les ratios ne sont que de 7 % et 4 % pour les personnes qui n’ont pas eu d’arrêts maladie.  « Ce constat n’est pas seulement attribuable à une moindre qualité des emplois occupés par les personnes en mauvais état de santé. Il témoigne d’un effet pénalisant des arrêts maladie sur les trajectoires professionnelles », soulignent les auteurs Thomas Barnay, Julie Favrot et Catherine Pollak . Plus le congé thérapeutique est long, plus l’intéressé est impacté.

Les congés maternité sont plus souvent suivis d’une année d’inactivité que les arrêts pour longue maladie, mais les femmes qui se maintiennent en emploi après une naissance reprennent, en majorité, une activité sans interruption.

 

Lorsqu’ils retrouvent un emploi, les anciens chômeurs et les inactifs ont moins d’arrêts maladie que les autres salariés en emploi, signe qu’ils anticipent les risques de trajectoires professionnelles dégradées associés à ces arrêts de travail.

Par ailleurs, l’étude montre qu’en 2014,  les dépenses d’indemnisation des arrêts maladie en France (indemnités journalières hors maternité, accident du travail ou maladie professionnelles représentent 7,3 Mds € pour l’assurance maladie, soit 2,8 % de la dépense courante de santé. La part de la richesse consacrée à l’indemnisation de l’incapacité et de l’invalidité (soit 0,7 % du PIB pour chacune) y est inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE indique le document de la Drees.