Les cadres en télétravail : un an après, ils sont accros  

Le télétravail des cadres s’installe dans la durée. Sa fréquence est moins massive qu’au début de la crise. Tels sont les principaux enseignements de l’enquête Ifop-Secrex tout juste publié.

Décrété obligatoire par le gouvernement, la pratique du télétravail a atteint un niveau jamais atteint jusqu’ici. En dépit du relatif assouplissement des mesures sanitaires, il n’y pas de reflux par rapport à l’an dernier, constate l’enquête Ifop-Securex.  « Depuis un an, malgré un allègement des contraintes, la proportion de cadres concernés est sensiblement équivalente », observe l’institut de sondage.  En  en avril 2021, 76% des cadres déclarent être en télétravail au moins une fois par semaine contre 79% en 2020. Cette fréquence hebdomadaire atteint même 84% chez les cadres résidant en Ile de France. Elle grimpe aussi auprès de catégories de cadres dont la nature du travail permet plus d’autonomie : les ingénieurs et cadres techniques d’entreprises (84%), les cadres occupant une fonction de finance ou comptabilité (85%), d’ingénierie ou R&D (82%) ainsi que de marketing ou communication (87%). Inversement, les cadres commerciaux (71%) ou travaillant dans les ressources humaines (68%), dont la présence sur site ou le caractère mobile sont par nature plus exigées, sont moins concernés.

 

L’évolution la plus significative depuis 1 an réside dans la forte baisse du « tout télétravail ». Seuls 29% des cadres déclarent ainsi être en télétravail à plein temps soit 5 jours par semaine alors qu’il étaient plus de la moitié (53%) à faire ce constat en mars 2020. Le recours massif à cette organisation n’est toutefois pas homogène. Il concerne davantage les 50 ans et plus (dont 37% y ont recours 5 jours par semaine contre 29% pour l’ensemble des interviewés), les Franciliens (38%), les ingénieurs et cadres techniques (41%) et les non encadrants (38%). Mais c’est bien l’organisation hybride du travail entre présentiel et « distanciel » qui a le plus progressé. 41% des cadres affirment ainsi être actuellement en télétravail entre 2 et 4 jours par semaine, soit quasiment 2 fois plus qu’il y a un an  (22%) tandis que 47% le sont entre 1 et 4 jours, contre 26% en 2020. Enfin, à l’autre extrémité, 24% des interviewés le sont moins d’une fois par semaine (ou jamais), proportion relativement stable sur un an (+3 pts).

 

L’évaluation du télétravail demeure nuancée tandis que l’écart s’accroit entre bénéfices perçus sur le bien-être et conséquences négatives sur les relations professionnelles.   L’impact positif du télétravail est plus fortement mis en avant que son impact négatif sur les 2 critères d’épanouissement et de productivité. Le bien-être personnel  constitue ainsi la dimension la mieux évaluée, une majorité de cadres concernés (54%) estimant que l’impact du télétravail est « plutôt » positif contre 33% pour qui il est plutôt négatif (soit un différentiel positif de +21 pts). 13% estiment par ailleurs qu’il n’a pas d’impact sur cette dimension. Il en est à peu près de même s’agissant de l’efficacité du travail, 52% des cadres concernés estimant que l’impact du télétravail est plutôt positif (+9 pts en 1 an) contre 24% pour qui il est plutôt négatif (-8 pts ), soit un différentiel positif de +28 pts. Pour 24% enfin, il n’a pas d’impact en matière d’efficacité (- 1 point).En outre, une proportion croissante d’interviewés (88%) déclare vouloir continuer le télétravail après la crise sanitaire (+18 pts en an). A l’opposé seuls 12% ne souhaitent plus l’être (contre 21% il y a 1 an).