Les cadres perdent en moyenne dix jours par an dans des réunions inefficaces

La réunionite n’est pas incurable, mais les entreprises n’en prennent pas la mesure, comme le prouvent les résultats de la 3e édition du baromètre annuel de Wisembly, réalisé en partenariat avec l’IFOP.

 

Il en ressort que la situation ne s’améliore pas. Les cadres passent en moyenne 5 semaines (soit 24 jours) par an, en réunion. Les deux cinquièmes de ce temps, soit deux semaines, sont une pure perte pour le collaborateur comme pour l’entreprise. Autrement dit, 42 % des briefings sont inefficaces. Toutes activités confondues, 43 % des cols blancs sont conviés à deux, trois ou quatre meetings hebdomadaires. Un sur quatre en enchaîne au moins cinq, pour une heure et 20 minutes, en moyenne.

 

L’ampleur du phénomène varie selon les fonctions, les secteurs d’activité et la taille des structures. Les services informatiques et achats sont davantage sollicités (plus de quatre réunions par semaine). Ils devancent le marketing et la communication (entre trois et quatre). Les financiers en font le moins. -ils sont les mieux placés pour savoir le temps c’est de l’argent, de même que les commerciaux, toujours pressés entre deux rendez-vous.

 

Dans, le Top 3 des secteurs d’activité accros aux débriefings figurent l’industrie, les services le commerce. Par ailleurs, plus l’entreprise est grande, moins les rencontres sont perçues comme efficaces par les participants. Seulement 11 % des collaborateurs de sociétés de 500 personnes les trouvent intéressantes, contre 25 % des PME de moins de 50 employés.

 

Lors de ces échanges, certains n’osent pas s’exprimer. Les raisons invoquées face à la difficulté de prendre la parole sont multiples. Près de 20 % des intéressés expliquent que leurs collègues monopolisent la parole, tandis que 17 % des personnes interrogées s’autocensurent, par peur de créer des conflits ou d’être accusés de mauvais esprit. En outre, 16 % ne se sentent pas libres de dire ce qu’elles pensent réellement. Pour couronner le tout, plus d’un participant sur 10 assiste à une réunion qui ne le concerne même pas. Ce genre d’erreur arrive trois fois plus fréquent dans les grands groupes.