Les conditions de travail influent sur la consommation de tabac

L’étude que publie la Dares (ministère du Travail) est formelle : les conditions de travail ont une incidence sur la consommation de tabac.   

Le document publié aujourd’hui, signé Corinne Mette, dépouille des statistiques relatives aux années 2006 à 2010. Il constate que les hommes portant plus de charges lourdes ont tendance à fumer davantage. À l’inverse, une moindre exposition au bruit, au froid, à la chaleur, à l’humidité ou à la saleté est associée à une baisse de la consommation de tabac.  Il existe aussi un lien entre l’insécurité de l’emploi et l’absorption de nicotine. Les personnes exposées à la peur accroissent plus souvent leur consommation.

Dans l’autre sens, un surcroît d’exposition à des produits nocifs ou toxiques dans le travail est associé à une diminution de la consommation de tabac. « Il est possible que, se sentant davantage exposés à ces produits, les hommes, consciemment ou inconsciemment, compensent en réduisant leur exposition au tabac », analyse la Dares.

Concernant les femmes, il est observé que celles subissant de fortes tensions liées au contact avec un public diminuent plus souvent leur consommation sur la période. « L’augmentation des tensions peut s’expliquer par un contact plus fréquent avec un public, plaçant probablement plus souvent les salariées dans une situation où les possibilités de sortir pour fumer sont moindres, l’évolution de la législation n’autorisant pas à fumer dans les lieux accueillant un public », est-il indiqué. Curieusement, plus le personnel féminin est reconnu dans son travail, plus il a recours à la cigarette. Mais comme les hommes, la peur de se retrouver à Pôle emploi stimule leur envie de fumer.