Les entreprises centenaires savent mieux lier gestion sociale et performance

Qu’est-ce qu’il y a de commun entre GDF Suez, Air liquide, DCNS , Fives et Accenture ? Outre que ces entreprises sont centenaires, toutes portent une attention particulière à leurs collaborateurs. Prendre soin des talents et cultiver l’esprit d’entreprise fait partie de leur ADN.

 

L’excellence de la gestion RH et sociale est l’un des quatre facteurs clés de leur succès (avec la bonne gestion, la stabilité des dirigeants et l’art de se projeter dans l’avenir). Ces secrets de réussite sont dévoilés dans un ouvrage qui paraît aux Editions Descartes & Cie. Alain Bloch, professeur du Conservatoire national des Arts et Métiers et pilote du master entrepreneurs de HEC et Isabelle Lamothe, DG adjointe d’Altedia LHH France, y radiographient un panel de 14 entreprises d’origine européenne et cinq américaines. Elles sont de tous secteurs d’activité et de tailles diverses, de 500 à 500 000 personnes.

 «Tissé d’intimité non verbalisée, de confiance et de réciprocité, le capital social permet de parvenir à une qualité supérieure d’interaction et d’improvisation au sein de l’entreprise. A la manière d’un orchestre de jazz. Construire la communauté humaine de l’entreprise est donc essentiel. Cela se traduit concrètement par l’initiation des nouveaux venus, la formation ou encore la vigilance sur la bonne santé du pacte social. Préserver ce lien communautaire en période de crise est également une priorité qui amène les entreprises centenaires à privilégier la cohésion de l’équipage là où d’autres auraient coupé des têtes », écrivent les auteurs. Ils citent notamment l’exemple du groupe d’ingénierie industrielle Fives. A la fin des années 90, alors qu’il  était au bord du gouffre, aucun membre du comité de direction n’a quitté le navire. « C’est ce sentiment de communauté humaine soudée qui a permis de surmonter l’adversité et de renouer avec le succès. »

 Cette attention à la dimension humaine de l’entreprise passe aussi par la valorisation du travail, peut-on lire. Une attitude à contre-courant alors qu’il est devenu la principale variable d’ajustement d’une économie mondialisée et financiarisée. Le livre cite aussi le lien entre progression professionnelle et promotion sociale fait à la Société Générale, de même que la « perspective réaliste d’accomplir l’intégralité de sa vie professionnelle chez Air liquide ».

 Autre caractéristique des champions de la réussite et de la longévité, elles accordent le droit à l’erreur, ce qui développe la confiance et l’esprit d’entreprendre. Chez Fives, l’échec d’un collaborateur s’analyse comme une responsabilité partagée entre la personne et l’entreprise. A charge pour cette dernière de lui proposer une nouvelle responsabilité. Et cette démarche couronnée de succès dans la grande majorité des cas. Chez Saint-Gobain, qui réalise 50% de son chiffre d’affaires avec des produits qui n’existaient pas il y a 20 ans, le droit à l’erreur est la contrepartie naturelle de l’incitation à prendre des risques.

L’expérience de ces entreprises centenaires représente pour les autres « une source précieuse d’inspiration et d’optimisme », concluent les auteurs.