Les entreprises du médicament promettent de lever le plafond de verre

Majoritaires dans le secteur pharmaceutique, les femmes accèdent difficilement aux plus hautes marches. L’accord que le Leem qui fédère les employeurs a signé le 6 juillet avec la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, FO et l’Unsa, devrait permettre de rehausser le plafond de verre, à défaut de l’ôter.

Ce nouvel accord de branche fourmille de mesures incitatives. En premier lieu, les partenaires sociaux entendent agir sur le déroulement de carrière. En cas de déséquilibre persistant hommes-femmes dans les plus hauts niveaux de classification, l’entreprise concernée s’efforcera d’encourager la promotion à compétence égale et poste égal des femmes afin d’améliorer la parité. Une autre disposition concerne la suppression des écarts de rémunération. Dans ce registre, l’employeur devra traiter en priorité dans les 3 mois du constat, les écarts de rémunération les plus importants identifiées ou prévoir des mesures correctrices comme par exemple réserver chaque année une enveloppe financière dédiée au réajustement de ces écarts.

Le texte traite aussi des recrutements et de l’accès à l’emploi, en y intégrant explicitement l’obligation légale de formation à la non-discrimination des salariés chargés des missions de recrutement, dans les entreprises de 300 salariés et plus. Sur les conditions de travail, d’emploi et de temps partiel, les laboratoires pharmaceutiques et métiers connexes devront étudier la possibilité d’adapter l’organisation du travail en évitant notamment les réunions trop matinales ou abusivement tardives. Une attention particulière a aussi été portée au cas des parents isolés, en matière de formation professionnelle ou d’aménagement du temps de travail. Tout cela est verrouillé par un suivi : chaque année, un bilan permettra d’analyser les écarts de situation entre les femmes et les hommes et l’impact de cet accord sur la situation de la branche.

Les entreprises du médicament ont un taux de féminisation de l’ordre de 57%, contre une moyenne de 28% dans les autres industries manufacturières. Mais plus on monte dans la hiérarchie, plus le ratio diminue. La proportion de femmes atteint 67% dans les premiers niveaux de qualification. Elle passe en dessous de 50% dans l’encadrement moyen et chute à 25% dans le cercle des cadres supérieurs siégeant dans les instances de direction. La différence de rémunération entre les femmes et les hommes est aussi un enjeu : elle est en moyenne de 2,7% tous groupes de classification confondus avec un écart est plus significatif sur les postes à haut niveau de responsabilité. Le gap atteint 16% dans le top management.