Les fonctionnaires ont le blues, mais ils restent motivés (étude Casden Banque Populaire)

Plus d’un an après le début de la crise sanitaire, 83 % des agents de la fonction publique estiment être encore plus utiles, selon une enquête de la Casden Banque Populaire.

À l’occasion du 23 juin, journée internationale de la fonction publique, la Casden Banque Populaire, banque coopérative de la fonction publique, publie les résultats d’un sondage réalisé par l’Institut BVA sur le vécu et les perspectives des agents, plus d’un an après le début de la crise sanitaire. Cette édition, la deuxième du genre, permet de connaître l’évolution de l’opinion des fonctionnaires sur la crise et l’avenir du service public. Premier enseignement, les intéressés se considèrent encore plus utiles aujourd’hui (83 %, + 11 points) et fiers de leur mission (79 %, + 6 points) qu’il y a un an. Le soutien entre collègues reste majoritaire (85 %, +2 points).

 

Néanmoins, la durée de la crise pèse. Il y a un an, les agents d étaient plus nombreux à avoir le sentiment de bien vivre la crise sanitaire (73 % en 2020 contre 68 % en 2021). L’évolution est plus nette sur le versant hospitalier (67 % en 2020 contre 51 % en 2021). Cette tendance est à rapprocher du ressenti au quotidien : les fonctionnaires ne se sentent pas valorisés (71 %), ni reconnus par la société (66 %) ni soutenus par leur hiérarchie (46 %), ni l’État (75 %). En outre, les difficultés ont augmenté, notamment au niveau du manque d’information (67 %, +4 points), des problèmes de santé (63 %, +15 points), du manque de moyens pour effectuer leur travail (61 %, +4 points) et de l’isolement (51 %, +4 points).

 

Les agents de la Fonction publique ont vu leurs conditions de travail s’adapter de façon variée selon les métiers exercés et les situations personnelles. Ainsi, le télétravail s’est progressivement mis en place, même si la moitié de l’effectif ne remplit pas une mission éligible au travail à distance, principalement dans l’Hospitalière et la Territoriale. Sur l’ensemble de l’effectif interrogé, 41 % déclarent avoir travaillé à distance sur un rythme alternant le présentiel et le distanciel, tandis que la majorité (59 %) a continué à se rendre sur son lieu de travail. Sur ce dernier point, il ressort de l’étude qu’un quart des fonctionnaires n’ayant pas pu télétravailler souhaiterait en faire (23 %). Sur ce sujet, les enseignants sont plus mitigés : 49 % déclarent ne pas souhaiter télétravailler.

 

Globalement, la majeure partie des fonctionnaires (74 %) ayant eu recours au télétravail au moins une fois par semaine estime que l’organisation et sa mise en place ont été bien prises en charge. Cet avis est globalement moins positif parmi les enseignants (47 %). Une conciliation de la vie privée et professionnelle aisée, en particulier pour les agents de la fonction publique territoriale, alors que les nouvelles organisations professionnelles ont chamboulé les vies personnelles depuis plus d’un an maintenant, 74 % des fonctionnaires qui font du télétravail estiment que cela leur permet de mieux concilier leur vie professionnelle et personnelle (86 % des fonctionnaires territoriaux contre 55 % des enseignants). De plus, pour la majorité, cela leur permet d’exercer pleinement leur activité professionnelle. Cependant, ce n’est pas le cas pour toutes les catégories, la satisfaction reste moindre pour les enseignants ayant eu recours au télétravail pendant la crise (46 %).

 

Concernant l’avenir, les fonctionnaires sont partagés entre optimisme et pessimisme (51 % contre 49 %) dans le détail, 74 % du personnel restent pessimistes concernant l’évolution du fonctionnement des services, 72 % sur l’image des fonctionnaires auprès des Français et 69 % sur la reconnaissance de leur travail. Mais dans tous les cas, l’intérêt de la mission demeure : 80 % des répondants se voient continuer à exercer leur métier actuel, tandis qu’un fonctionnaire sur cinq souhaite demander une mobilité ou se réorienter.