Les Français privilégient la valeur travail

Dans une intéressante approche, Régis Bigot, Émilie Daudey et Sandra Hoibian du Crédoc croisent une enquête du centre, « Conditions de vie et Aspirations », et une autre étude, internationale, World Values Survey pour évaluer l’importance de la notion de travail dans la vie de nos concitoyens. Le résultat n’est pas celui attendu. En dépit des 35 heures, les Français accordent plus d’importance à leur vie professionnelle que leurs voisins.

 

 

Le Credoc est formel : « Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas le temps libre et les loisirs qui occupent la place prépondérante dans la vie des Français, mais plutôt le travail ». 67 % déclarent considérer le travail comme « très important ». La France arrive dans ce domaine parmi les dix pays les plus attentifs à la vie professionnelle sur 47 étudiés. Loin de dévaloriser la valeur travail, la crise et le chômage qui en découle la renforcent. Résultat : « les personnes privées d’emploi ou qui en sont éloignées accordent à la sphère professionnelle une importance cruciale ». Une situation que l’on ne retrouve ni en Allemagne, ni au Royaume Uni. Chez nos voisins, le boulot est surtout prisé par les actifs en poste. L’importance des revenus n’explique pas tout. Dans l’Hexagone plus qu’ailleurs, être occupé est facteur est facteur d’épanouissement ou de réalisation de soi. « 78 % de nos concitoyens pensent que « pour développer pleinement ses capacités, il faut avoir un travail » contre seulement 47 % des Suédois, 48 % des Allemands ou 58 % des Anglais, compare le Credoc en s’appuyant sur des enquêtes nationales. En outre, occuper une profession valorisée joue également un rôle déterminant dans l’intégration sociale en France. Un indice révélateur : Lorsqu’on interroge nos concitoyens sur les raisons qui les conduisent à se sentir intégrés dans la société, 26 % mettent en avant leur emploi, leur vie professionnelle et leur carrière.

 

Pour couronner le tout, le Français accorde une importance particulière au « rang » et à la place qu’il occupe dans la hiérarchie des métiers. Selon l’étude, « Ces représentations sociales sont un héritage de l’Ancien Régime, lorsque la société était partitionnée entre trois ordres bien distincts : le clergé, la noblesse et le tiers-état. En France plus qu’ailleurs, chaque place s’accompagne de droits, de prérogatives et aussi de devoirs fixés par la coutume du groupe professionnel. En définitive, 71 % de nos concitoyens considèrent que travailler est « un devoir envers la société », contre 68 % des Britanniques, 64 % des Espagnols, 62 % des Suédois.