Fusions-acquisitions : les risques liés aux facteurs humains plus importants que jamais

L’étude du cabinet Mercer est formelle : les opérations de fusions et acquisitions r(M&A) epartent à la hausse au profit de la hausse. Le volet humain n’a jamais aussi important dans le succès ou l’échec des rapprochements. Délais plus courts, manque d’informations sur les due diligences et absence de ressources expliquent cet état de fait.

 

Le nombre de rapprochements de grandes entreprises constatés au cours des trois premiers trimestres de 2015 est en hausse de 32 % par rapport à la même période de l’année précédente. Industriels et fonds d’investissement, qu’ils soient acquéreurs ou vendeurs, se trouvent confrontés à une multitude de risques pouvant compromettre la réussite de ce type de transactions. Selon l’ étude de Mercer, les aléas concernant le personnel sont cités en premier, par les acquéreurs comme par les vendeurs. Les points sensibles demeurent : la rétention des salariés, l’intégration culturelle, l’évaluation des personnes clés, les niveaux de rémunération et avantages sociaux ou encore la gestion globale des talents.

 

Les défis humains rencontrés dans le cadre des opérations de M&A sont à replacer dans un environnement particulièrement concurrentiel marqué à la fois par le raccourcissement des délais, un accès plus réduit à l’information et l’activisme croissant des actionnaires. De fait, 41 % des acquéreurs indiquent disposer de moins de temps aujourd’hui pour procéder à une due diligence complète qu’il y a trois ans, tandis que 33 % des vendeurs déclarent avoir réduit le volume d’informations communiquées sur les sociétés mises en vente. Parallèlement, les vendeurs sont plus d’un tiers (34 %) à constater que les problématiques RH sont un sujet majeur à traiter lors de leurs cessions.

 

Le groupe de conseil et de services RH souligne que les risques sont encore plus prononcés lorsque l’horizon géographique des intervenants va au-delà de leur marché national ; perspective qui apparaît de plus en plus probable puisque 50 % des responsables interrogés déclarent avoir récemment piloté des opérations transfrontalières, et 24 % estiment avoir plus de chances de participer à une transaction impliquant plusieurs pays qu’au mois de janvier 2014. Enjeux législatifs et réglementaires, différences de culture et de modes opérationnels, manque de compétences de l’encadrement : tous ces facteurs de risque s’accentuent substantiellement dès lors que les transactions envisagées dépassent les limites du marché national.

 

« Acquéreurs et vendeurs nous disent tous qu’ils ont besoin de données détaillées, d’éclairages poussés et de conseils pratiques pour maximiser la valeur de la transaction et réduire les risques liés au facteur humain. Le but de nos recherches, c’est justement de faire en sorte que les dirigeants d’entreprise, de la fonction RH ou non, prennent des décisions plus avisées en matière de gestion des ressources humaines et de rémunération dans la conjoncture difficile que nous connaissons actuellement au niveau mondial pour ces opérations », précise Jean-Luc Durrieu, leader M&A France et Europe du Sud chez Mercer.