Les jeunes dans la fonction publique : ils entrent par la petite porte

Olivier Joseph,  chargé d’études au département Entrées et évolutions dans la vie active (DEEVA) du Céreq, analyse les parcours des jeunes qui ont travaillé, de façon continue ou non, dans la fonction publique au cours de leurs sept premières années de vie active. L’étude est fondée sur  le parcours de la génération 2010, interrogée en 2017.  Qu’ils aient rejoint la territoriale, l’hospitalière ou la fonction publique d’État.

 

Plus de la moitié de ces jeunes (55 %) ont occupé un emploi dans la FP dès leur première année sur le marché du travail, alors que seuls 7 %  l’ont obtenu après cinq ans.    Pour 15 % d’entre eux, la fonction publique a été leur premier employeur, dont 46 % dans la fonction publique d’État, 27 % dans l’hospitalière et 27 % dans la territoriale. Les diplômés du supérieur sont plus nombreux à débuter leur vie professionnelle dans la fonction publique (20 % contre 9 % pour les « peu ou pas diplômés »).

 

Concernant les voies d’insertion, l’étud observe qu’à l’embauche, un recours plus massif aux contrats temporaires que dans le privé. Près de 80 % des jeunes recrutés au premier emploi dans la fonction publique le sont sur des contrats temporaires contre 64 % dans le secteur concurrentiel. La précarité à l’embauche est plus forte pour les « peu ou pas diplômés » (92 %) que pour les diplômés du supérieur (71 %). Par ailleurs, plus de 90 % des jeunes embauchés dans la territoriale le sont sur statut précaire contre seulement 76 % dans la fonction publique d’État et 73 % dans l’hospitalière.

 

Le niveau de diplôme conditionne l’accès au statut de fonctionnaire ou au CDI. Au terme de sept années de vie professionnelle, seuls 70 % des jeunes travaillant dans la fonction publique sont « stabilisés » (fonctionnaires ou en CDI) contre plus de 80 % de leurs homologues du secteur privé.

 La précarité demeure forte notamment dans la fonction publique territoriale : seulement 59 % de statuts pérennes contre 81 % dans l’hospitalière. Ce même versant enregistre le salaire médian le plus faible des 3 fonctions publiques.

Globalement le salaire net médian dans la fonction publique est supérieur à celui du privé. Cela est dû en partie à la sous-représentation des ouvriers et employés dans la FP par rapport au secteur privé. Pour les cadres, le différentiel de rémunération tourne clairement au bénéfice du privé ; tandis que c’est plutôt l’inverse pour les catégories ouvriers et employés.