Les jeunes et l’emploi : salarié, moi ? Non, merci

La dernière enquête Conditions de vie et aspirations du Crédoxc  est catégorique :  45 % des 18-24 ans estiment que travailler à son compte est une situation plus enviable que le statut de salarié.

Les jeunes sont audacieux et ils le montrent. Parmi les 15-24 ans, près d’une personne sur deux valorise le statut d’indépendant, selon l’enquête Conditions de vie et aspirations 2016 du Crédoc.  Leur principale motivation n’est pas l’argent, ils trouvent à ce mode d’exercice professionnel l’avantage d’une meilleure articulation entre vie privée et vie professionnelle (33 % ).   « Loin des caricatures de la génération Y souvent décrite comme infidèle, volatile, insou­mise, et touche-à-tout, les enquêtes européennes sur les valeurs montrent que les jeunes considèrent de plus en plus que travailler est un devoir envers la société ». Près de 67 % des 18-29 ans partagent cette opinion, c’est 20 points de plus qu’il y a dix ans, souligne l’étude.

 

En outre, les jeunes sont en outre moins nombreux que les autres à associer salariat et sécurité ou protection sociale. Peut-être parce que pour cette génération, la première recherche d’emploi a eu lieu dans un contexte de crise économique, au point que les CDD courts représentent aujourd’hui 69 % des embauches.

 

Il n’est pas sûr que les intéressés mesurent toutes les implications de leur attirance pour le travail en free-lance. Le Crédoc souligne que « la situation réelle des nouveaux indépendants n’est pas sans dommages ».  Notamment, en France, le système de protection sociale s’est construit autour du salariat. Comme le souligne le rapport de France Stratégie sur l’avenir du travail, les risques des nouveaux indépendants en cas de perte d’emploi et d’accès à la retraite ne sont pas toujours bien couverts, indique le document.

 

« Dans un monde de plus en horizontale et collaboratif, où émerge le souhait d’acquérir une forme d’autonomie face à des entreprises qui ne les sécurisent plus ni ne leur offrent l’épanouissement qu’ils recherchent, la forme statique et hiérarchisée du salariat semble moins attractive pour les jeunes générations »,  conclut le Crédoc.