Les managers sont favorables au télétravail, à condition de bien l’encadrer

L’exploitant d’espaces de travail flexibles Regus   a interrogé de 44 000 cadres et dirigeants d’entreprise d‘une centaine de pays sur leurs perceptions et usages du télétravail. La majorité considère le travail à distance comme une solution facile à déployer, efficace, à condition d’être bien balisé.

 

Le premier avantage du télétravail reste financier. D’abord pour le salarié. En cinq ans, le coût des allers et retours quotidiens pour se rendre au travail a pratiquement doublé et atteint désormais 5% du salaire mensuel des travailleurs. « Face à la hausse du coût de la vie, chaque dépense prend une importance particulière. Aujourd’hui, les frais contractés par les professionnels du monde entier pour se rendre au travail entament de plus en plus leur budget. Dans certains cas, le coût de ces déplacements est tellement élevé qu’il dissuade beaucoup de profils à candidater auprès de certaines sociétés. Sans parler de l’impact négatif de ces trajets fatigants sur la productivité et l’absentéisme des collaborateurs », précise Christophe Burckart, patron de Regus France.L’avantage économique est partagé. Les employeurs aussi y trouvent leur compte, en optimisant les espaces de travail, en particulier dans les grands centres urbains où l’immobilier flambe. Au-delà de l’aspect financier, le télétravail présente également des atouts environnementaux.

 

Selon Regus, 46% des cadres et dirigeants dans le monde souhaitent voir se réduire les distances entre leur domicile et leur lieu de travail pour limiter l’impact écologique de leur activité professionnelle. En plus de diminuer l’empreinte carbone, la réduction de ces trajets permet une meilleure conciliation entre la vie privée et professionnelle : 77% des sondés indiquent qu’ils passeraient plus de temps avec leur conjoint et leur famille s’ils perdaient moins de temps dans les transports.

 

 

Toutefois, la prudence reste de mise. Trois  managers et dirigeants sur quatre estiment qu’une formation s’impose pour aider les encadrants concernés à gérer efficacement leurs équipes à distance. Un contact permanent reste primordial pour 82 % d’entre eux. Notamment, considèrent-ils, les responsables hiérarchiques devraient s’entretenir plusieurs fois par semaine avec leurs collaborateurs officiant en télétravail. 85 % soulignant même qu’un entretien face à face avec le supérieur direct est indispensable au moins une fois par mois.

 

Le suivi et le maintien de la productivité sont aussi des préoccupations majeures. L’enjeu est d’ adapter les méthodes managériales  classiques aux travail alterné entre domicile et bureau.  Une grande majorité des cadres et dirigeants interrogés par Regus (87 %) suggèrent d’instaurer un mode de récompense davantage basé sur les résultats que sur le temps passé sur leurs missions. tandis que 73%, tatillons,  estiment que des systèmes informatiques spécifiques devraient être mis en place pour suivre et mesurer la productivité des travailleurs à distance.

 

En ce qui concerne les salariés, la priorité est donnée à leur cadre de travail. L’étude alerte sur le fait que 61 % des télétravailleurs possèdent une pièce réservée au travail, mais que seuls 51 % décrivent cet espace comme un « bureau professionnel ».  L’absence physique est un autre défi de taille, particulièrement en matière de communication et de promotion. Là encore, les outils en ligne permettent de surmonter certains obstacles. Les nouvelles technologies aident notamment les télétravailleurs à ne plus se sentir isolés et à partager plus facilement leurs documents de travail, essentiellement ceux passant par le cloud (85%).

 

 

Focus sur les principaux enseignements en France

   –   Les villes françaises où les trajets domicile-travail représentent la plus grande part des revenus mensuels des cadres et dirigeants interrogés sont Lille, Toulouse et Strasbourg, avec 7 % ;

 

– 68 % des sondés français pensent que la majorité des entreprises favorisant le télétravail ne souscrivent pas aux assurances adéquates pour couvrir les bureaux au domicile de leurs salariés ;

 

– 75 % pensent que les entreprises qui privilégient le télétravail ignorent qu’elles sont tenues d’adhérer à des normes de santé et de sécurité ;

 

– 66 % de ceux disposant d’un bureau à domicile affirment que leur employeur n’a pas contribué aux frais d’équipement ;

 

– 86 % penchent pour une reconnaissance des télétravailleurs davantage basée sur leurs résultats que sur le temps passé, alors qu’ils ne sont que 69 % à plaider en faveur des outils de mesure de la productivité.